Suite à des incidents récents impliquant des touristes occidentaux, il est rappelé qu’il convient d’exercer une certaine prudence dans ses activités touristiques (déplacements, prise de photographies) au Soudan. Les services de sécurité du pays sont particulièrement soupçonneux, notamment vis-à-vis des étrangers. Il est rappelé que pour faire des photographies, il faut être muni d’une autorisation à solliciter auprès du Département de la Communication Extérieure et que photographier des bâtiments officiels est vivement déconseillé.
Circuler dans les deux États fédérés du Kordofan Méridional et du Nil Bleu est formellement déconseillé, en raison des combats entre les forces armées du gouvernement et une rébellion armée.
Se rendre dans la région frontalière avec le nouvel Etat de la République du Soudan du Sud est formellement déconseillé, des tensions pouvant y naître en raison notamment des différends politiques à résoudre entre les deux pays. Il en est de même dans l’ouest du pays (Darfour).
La situation sécuritaire dans les trois États fédérés de l’Ouest du Soudan (Darfour Nord, Darfour Sud et Darfour Ouest) reste très instable. Les tensions persistent dans les camps de déplacés et dans les villes. Toute cette région (les trois États du Darfour) est soumise à des restrictions de circulation de la part des autorités locales (nécessité d’un "travel permit"). Des combats s’y déroulent sporadiquement parallèlement aux négociations entre la rébellion et le gouvernement. Depuis avril 2009, la pratique des prises d’otages à des fins crapuleuses s’est répandue, touchant aussi bien des travailleurs humanitaires que des personnels de la force hybride des Nations Unies et de l’Union africaine, et les ressortissants français ont été particulièrement visés. Au quotidien, tout le Darfour est livré à la délinquance de droit commun (vols de véhicules, braquages). En conséquence, il est formellement déconseillé aux Français de se rendre dans les trois Darfour. Il est également formellement déconseillé de se rendre dans les États du Kordofan Méridional et du Nil Bleu, en raison de combats forts depuis plusieurs mois.
A la suite de l’enlèvement, le 19 septembre 2008, d’un groupe de touristes occidentaux libérés depuis, les voyages dans la région du Djebel Ouanat - zone désertique frontalière située entre l’Égypte, le Soudan et la Libye - sont formellement déconseillés.
Risque terroriste
Al Qaïda a renouvelé en septembre et octobre 2007 ses appels au Jihad contre les forces de paix étrangères au Darfour et contre le gouvernement. Un diplomate américain et son chauffeur soudanais ont été tués par balles dans une rue de Khartoum, le 31 décembre 2007.
Troubles sociaux-politiques
Les troubles sociaux-politiques ne sont pas exclus :
L’arrestation, le 25 octobre 2007 à Abéché (Tchad), de neuf Français qui tentaient de faire sortir illégalement du pays des enfants présentés comme des orphelins du Darfour, a suscité une grande émotion qui peut toujours conduire à l’expression par certaines personnes d’une hostilité à l’encontre de Français présents au Soudan.
Il est recommandé aux voyageurs d’être vigilants, d’éviter les rassemblements ("souks") et les mouvements de foule ainsi que les conversations polémiques. Il convient également de respecter scrupuleusement les us et coutumes et les lois soudanaises (cf paragraphe "formalités d’entrée et de séjour" et "recommandations complémentaires").
Il convient de noter :
Il est recommandé d’éviter les quartiers de la banlieue de Khartoum où sont établis des camps de déplacés (Mayo, Soba,etc…) notamment le soir. En cas de déplacement en véhicule, il convient de s’assurer que les portes ne puissent être ouvertes de l’extérieur.
Les déplacements dans la vallée du Nil au Nord de Khartoum et la visite des sites archéologiques du Nord (Djebel Barkal, Meroe, Kerma, etc…) ne sont en principe pas soumis à restriction.
Il est recommandé aux ressortissants français résidant ou voyageant au Soudan de se faire connaître de l’ambassade.
Permis de voyager
La plupart des déplacements dans le pays sont soumis à des restrictions imposées par la réglementation. Un "travel permit" est exigé pour tout déplacement dans la plupart des États. Ce permis de voyager peut être sollicité lors du dépôt de la demande de visa dans les ambassades du Soudan à l’étranger. A Khartoum, il doit être sollicité auprès du Ministère de l’Intérieur. (Boite postale 282 -Khartoum 11111 SOUDAN -rue du Nil/ rue Khalifa- tel de France 00249.1.83.99.26.25. ou 77.99.00) Il peut être, en principe, délivré dans un délai de 48 heures.
Image et carte du pays

Réseau routier
La police de circulation a reçu des consignes de sévérité depuis la promulgation du nouveau code de la route. Il est interdit :
de circuler sans ceinture de sécurité ;
de téléphoner au volant ;
de rouler sans assurance ni contrôle technique du véhicule.
Un permis de 15 points a été instauré et ces infractions sont sanctionnées par la perte de 10 points et le paiement d’une amende de 100 SDG.
Les routes asphaltées sont peu nombreuses. Le reste du réseau routier présente les dangers habituels des pistes africaines. En beaucoup d’endroits, elles sont impraticables en saison des pluies. Des tempêtes de sable peuvent réduire la visibilité. Il est fortement déconseillé de voyager la nuit. La conduite est à droite mais la priorité est à gauche.
Dans les régions rurales, les points de vente d’essence étant parfois très éloignés les uns des autres, il est prudent de s’approvisionner régulièrement.
Un réseau de transport privé par autobus relie de nombreuses villes : Dongola, Kassala, Port Soudan, Wad Madani, Damazin, Al-Obayid, etc.
Réseau ferroviaire
Le transport ferroviaire lent (40 km/h), au confort austère, relie Khartoum - Port Soudan - Wadi-Halfa (frontière avec l’Egypte), al-Obayid (Kordofan nord) et Nyala.
Transport aérien
Le Soudan est desservi par : KLM, British Airways, Lufthansa, Emirates, Ethiopian Airlines, Egypt Air, Kenyan Airways, Saudi, Gulf Air, Afriqiyah Airways, Turkish Airlines, Fly Dubai.
La compagnie nationale "Sudan Airways" assure quelques vols internationaux vers les pays de la région.
Des compagnies soudanaises assurent l’essentiel des vols intérieurs. Plusieurs cas d’accidents d’appareils de ces compagnies ont été enregistrés au cours des années écoulées, ainsi qu’un détournement.
Depuis le 1er avril 2010, toutes les compagnies aériennes enregistrées au Soudan sont la sur la "liste noire européenne".
Le visa d’entrée est obligatoire et ne peut pas être délivré à l’arrivée à l’aéroport de Khartoum. Pour obtenir un visa d’entrée, il faut s’adresser à l’Ambassade du Soudan de son lieu de résidence (adresses des représentations diplomatiques et consulaires étrangères en France) et compter un délai pouvant aller jusqu’à 5 semaines, avec une possibilité pour certaines catégories de demandeurs de procédure rapide au coût plus élevé. Le Soudan ne délivre que rarement des visas valables pour plusieurs entrées.
Les visiteurs et les expatriés titulaires de passeports ordinaires sont tenus, dans les trois jours suivant leur arrivée, de se faire enregistrer auprès de la direction générale des passeports, service des étrangers, quels que soient l’objet et la durée de leur séjour. Il faut procéder à cet enregistrement auprès des autorités de police dans chaque ville où l’on séjourne. En cas d’oubli ou de retard, ils doivent payer une amende.
En cas de dépassement de durée du séjour autorisé par le visa, il convient, pour éviter une amende, d’obtenir auprès des services en charge des étrangers une prolongation de son visa. Aucun étranger ne sera admis sur le territoire soudanais s’il est détenteur d’un passeport revêtu d’un visa ou d’un tampon israélien.
L’importation de devises n’est pas soumise à restrictions. Il est en revanche impossible officiellement de s’en procurer au Nord Soudan.
Us et coutumes
La majorité de la population soudanaise est de religion musulmane. Au Nord, où s’applique la charia, il convient d’être vêtu décemment (de préférence jambes et bras couverts - ce qui protège également des moustiques) et d’adopter un comportement respectueux des us et coutumes locaux. Les boissons alcoolisées sont interdites, y compris à l’arrivée dans les bagages.
Depuis le 9 janvier 2007, la monnaie est la livre soudanaise (SDG). A noter que la plupart des commerçants formulent encore leurs prix en dinars soudanais qui n’ont plus cours depuis 1993 (un dinar soudanais équivaut à 0,01 nouvelle livre).
Les cartes bancaires (CB, Mastercard, VISA, etc.) ainsi que les travellers chèques ne sont pas acceptées. Il est indispensable de se munir de devises en espèces (dollars, de préférence à l’euro).
La suspicion entretenue par une partie de la classe politique à l’encontre des pays occidentaux implique une vigilance accrue et un comportement respectueux, particulièrement pendant le mois de ramadan.
Le commerce et la consommation de drogues sont sévèrement réprimés. Pour faire des photographies, il faut être muni d’une autorisation à solliciter auprès du Département de la Communication Extérieure. Photographier des bâtiments officiels est vivement déconseillé, certains pouvant être considérés comme stratégiques et interdits de prise de vue, comme c’est le cas des aéroports, des ponts et des chemins de fer.
Les revues et les cassettes vidéo érotiques ou pornographiques sont prohibées. Certains étrangers se sont trouvés en difficulté en raison de photographies jugées licencieuses stockées dans la mémoire de leurs appareils photo numériques, de leurs téléphones ou de leurs ordinateurs portables.
L’importation d’armes à feu et de postes émetteurs-récepteurs radio est interdite.
Pour conduire au Soudan, il faut être titulaire d’un permis de conduire soudanais, à faire établir dans les six premiers mois du séjour. Dans ce délai, vous pouvez conduire avec un permis de conduire international (en fonction de la plus ou moins bonne volonté des policiers, vous pouvez toutefois avoir une amende de 50 SDG pour défaut de permis de conduire soudanais lorsque vous êtes dans Khartoum, de 1.000 SDG hors de l’agglomération). Les assurances refuseront de couvrir les dommages causés par des personnes qui ne sont pas titulaires d’un permis de conduire soudanais.
Divers
Le Soudan est un pays chaud et aride bénéficiant de pluies d’été. Le climat est désertique (- de 75 mm de pluie) ou semi désertique (75/250 mm de pluie).
A Khartoum, la saison chaude va de mars à novembre (45-50 degrés).
Pluies et orages peuvent perturber ou rendre impossible la circulation, notamment sur les voies non bitumées.
Les tempêtes de sable (entre mars et août) peuvent perturber gravement le trafic aérien et routier.
L’OMS constate une recrudescence de "leishmaniose viscérale ou kala-azar ou fièvre noire", principalement dans le secteur du Haut-Nil. Cette fièvre est transmise par la piqûre d’une petite mouche des sables entraînant fièvre, diarrhées et anémie. Elle est mortelle dans 90% des cas.
Les conditions sanitaires varient selon les régions. Hors de la capitale, elles sont particulièrement peu satisfaisantes.
Il est recommandé de consulter son médecin traitant avant le départ et de contracter une assurance de rapatriement sanitaire.
Vaccins
Il est recommandé de se faire vacciner contre : la fièvre jaune, la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et l’hépatite A. En fonction des lieux et de la durée du séjour, des vaccins supplémentaires sont conseillés : la typhoïde, la rage, l’hépatite B, la méningite à méningocoques A+C et W135.
Des cas de méningites bactériennes sont régulièrement enregistrés dans la plupart des 15 Etats fédérés du pays (en particulier ceux du Darfour, du Nil Bleu, de Kassala, de la Gezira, du Sennar et de Gedaref, du Nord et Sud Kordofan, ainsi qu’à Khartoum). La vaccination anti-méningococcique est vivement conseillée en particulier aux personnes devant effectuer des missions dans ces régions.
Il est fortement conseillé d’effectuer toutes les vaccinations, dont certaines nécessitent plusieurs injections, avant d’arriver au Soudan, car l’approvisionnement en vaccins n’y est pas assuré.
Paludisme : très répandu, classification : zone 3
Aux mesures de protection individuelle (sprays, crèmes, diffuseurs électriques, moustiquaires…) doit s’ajouter un traitement médicamenteux adapté à chaque individu : il convient de s’adresser à votre médecin habituel ou à un centre de conseils aux voyageurs.
Fièvre de la vallée du Rift
La fièvre de la vallée du rift est une maladie du bétail qui peut être transmise par contact direct avec le sang ou le lait de l’animal et, plus rarement, par l’intermédiaire d’une piqûre de moustique.
Afin de réduire les risques de contracter cette maladie potentiellement grave, il est recommandé d’éviter tout contact avec des produits animaux crus, de veiller à une cuisson suffisante des aliments (en particulier du lait) et de se protéger soigneusement des piqûres de moustiques, de jour comme de nuit.
Choléra
Le choléra évolue sous une forme endémique avec des poussées épidémiques localisées, en particulier pendant la saison des pluies. Afin de réduire les risques de contamination, il est recommandé de :
se laver les mains le plus souvent possible et a minima avant les repas et avant toute manipulation d’aliments,
veiller à la qualité des aliments et surtout à leur bonne cuisson,
veiller à ne consommer que de l’eau en bouteille n’ayant pas été préalablement ouverte, ou de l’eau bouillie, ou des boissons gazeuses,
veiller à ne pas consommer de glace, glaçon, lait non pasteurisé ou non bouilli,
peler les fruits ou légumes,
éviter les crudités et les produits de la mer (coquillages).
Sida
La situation est considérée comme préoccupante par les autorités soudanaises.
Eau
La qualité de l’eau du robinet est variable selon les régions mais le plus souvent mauvaise. Il est recommandé de la filtrer pour l’utiliser à des fins ménagères, de peler les crudités et de boire de l’eau minérale.
Autres boissons
Certains alcools artisanaux sont produits localement. Leur consommation est dangereuse pour la santé et est à proscrire. La production, la consommation et l’importation de boissons alcoolisées sont d’ailleurs prohibées dans le Nord.
Numéros utiles
Le Comité d’Informations Médicales (CIMED) tient, sur son site www.cimed.org des fiches d’information sur la santé des voyageurs et des expatriés. La fiche Soudan peut y être consultée utilement.
Dr Muhamed Ibrahim Muhamed Khalil, généraliste, anglophone, - Quartier Nassir, bloc 9 - Khartoum - Tél. : 09 123 51 276.
Dr Girgis Kilada, chirurgien, anglophone - Tél. : 83 47 27 94.
Les centres hospitaliers (hôpitaux et cliniques) les plus fiables à Khartoum sont :
Doctor’s clinic, quartier Amarat, Africa road - Tél. : 83 47 19 73.
Sahiroun, quartier Burri - Tél. : 83 26 53 15.
Yastabchiroun, quartier Riyad - Tél. : 83 23 78 04.
Modern Medical Center, Africa road - Tél. : 83 47 16 83
Fedail Hospital, Khartoum Centre - Tél.: 83 74 14 25 (www.fedailhospital.net)
Pour de plus amples renseignements, vous pouvez consulter le site de l’INVS, ainsi que celui de l’OMS, qui vous renseigneront sur l’état sanitaire de ce pays, ou les sites de l’institut Pasteur de Lille et de l’institut Pasteur de Paris.
Ambassade de France à Khartoum :
Heures d’ouverture : 8h - 15 h
Tél : [249](1)83.47.10.82
Télécopie : [249](1).83.46.59.28
Email : cad.khartoum@diplomatie.gouv.fr
Site Web: www.ambafrance-sd.org
Adresses des représentations diplomatiques et consulaires de la France à l’étranger (sur le site de la Maison des Français de l’étranger).