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Sécurité

Ces recommandations sont à nuancer pour les missionnaires des grandes entreprises qui circulent avec d’importants moyens de sécurité et bénéficient de relais sûrs dans le pays.

Le risque terroriste, associé à l’intervention militaire au Mali mais aussi plus généralement au contexte interne et régional, reste fort au Nigeria. Ce risque se matérialise par des attentats à l’explosif aveugles ou ciblés, dernièrement le 14 avril 2014 et le 1er mai 2014 à Abuja, avec une fréquence élevée dans les Etats de Bauchi, Borno et Yobe. Il s’est également traduit par des enlèvements suivis d’assassinats de ressortissants étrangers, principalement dans la bande sahélienne et dans les régions voisines : enlèvement d’un Français en décembre 2012, succédant au dénouement dramatique du kidnapping de plusieurs Occidentaux mais également de Libanais et à l’assassinat de plusieurs ressortissants chinois.

Zone rouge :

En conséquence, les déplacements sont formellement déconseillés (zone rouge) :

- Au Nord, dans l’ensemble des 18 Etats du Nord et Territoire de la Capitale Fédérale (FCT) : Etats de Kebbi, Sokoto, Zamfara, Katsina, Kano, Jigawa, Yobe Bauchi, Borno, Gombe, Adamawa, Niger, Nassarawa, Plateau, Taraba, Benue, Kogi et Territoire de la Capitale Fédérale (FCT) (sauf la ville d’Abuja en orange).

Outre le risque terroriste, les risques d’enlèvement et d’attentat aveugle imposent la plus grande vigilance sur l’ensemble du territoire nigérian.

- Sud-Est :

• En raison de la poursuite des agressions et des enlèvements, les États de Bayelsa, Rivers (à l’exception de la capitale Port-Harcourt, en zone orange), Delta, Akwa Ibom, Abia, Imo, sont classés en zone rouge.

• Piraterie maritime : La zone maritime bordant la côte nigériane est classée en zone rouge, en raison de la piraterie, pour le cabotage non sécurisé et la navigation de plaisance.

Zone orange

D’une manière générale, les zones classées en orange sont caractérisées par un risque élevé de grande criminalité, en particulier d’enlèvement. Les projets de voyage non indispensables sont à proscrire dans les conditions de sécurité actuelles dans le pays.
S’agissant des Français dont la présence est impérative en zone orange, une extrême prudence leur est recommandée. Ils limiteront leurs déplacements au strict nécessaire et se conformeront aux recommandations en vigueur pour tenir compte de l’aggravation du risque terroriste au Nigeria, notamment au Nord.

Grandes agglomérations

Plusieurs attentats ont été commis dans la capitale fédérale. Le dernier en date, le 14 avril 2014 dans une banlieue d’Abuja, a fait plus de 80 victimes. Il confirme la capacité opérationnelle de la secte terroriste Boko Haram malgré la forte présence des forces de sécurité. De précédentes attaques avaient eu lieu en 2010 et 2011.

En outre, les agressions sont fréquentes à Lagos et Abuja, y compris dans les quartiers résidentiels. La situation reste dangereuse dans les environs des deux grandes villes (notamment route Lagos-Cotonou par Badagry).

Conflits communautaires dans la « middle belt »

A ces risques identifiés s’ajoute depuis plusieurs années une résurgence de conflits communautaires, d’intensité variable, mais pouvant se produire en diverses parties du territoire. Aussi convient-il de s’informer précisément de la situation prévalant localement avant d’entreprendre tout voyage à l’intérieur du pays.

Recommandations générales

Sur l’ensemble du territoire, les comportements doivent être adaptés pour tenir compte de ce contexte :

- Il est impératif lors d’un voyage dans l’ensemble du pays d’être accueilli à destination, y compris à l’aéroport, par des personnes connues et identifiées et d’être raccompagné au départ en fin de séjour. Des cas de personnes kidnappées aux aéroports ont été signalés au cours des années passées. Pour la région du Delta, des mesures de sûreté de type quasiment militaire sont prises par les entreprises pétrolières, principal employeur de la région.

  • Il est recommandé de ne pas se déplacer à pied en ville et, en voiture, de rouler vitres fermées et portières verrouillées ; il faut éviter de quitter son hôtel ou les quartiers résidentiels la nuit. L’insécurité se manifeste par des attaques diurnes et nocturnes, sur les routes et dans les villes, y compris aux domiciles, par des groupes armés à la recherche d’argent, d’objets de valeur ou de véhicules.
  • Dans les déplacements, il convient de varier ses itinéraires autant que possible quel que soit le mode de déplacement, de surveiller ou faire surveiller son véhicule et d’être attentif aux mouvements alentour ; il convient de s’assurer de l’absence de mesures restrictives de circulation et d’éviter l’usage des transports en commun.
  • Lors de déplacements interurbains, il est conseillé de voyager à plusieurs véhicules, de ne pas rouler la nuit, de déposer son itinéraire ainsi que ses horaires, notamment auprès du consulat général de France à Lagos ou, pour le nord du pays à la section consulaire de l’ambassade de France à Abuja ou auprès du consulat honoraire de Kano. Il est également recommandé de se faire escorter par des agents de sécurité, voire une protection policière (MOPOL) dans les régions sud-est du pays et de ne pas conduire soi-même son véhicule, les routes étant extrêmement dangereuses en raison des accidents fréquents et de leur mauvais état.
  • Se tenir à l’écart des attroupements (rixes dans les marchés, accidents de la circulation) ; les lieux publics fréquentés tels que les lieux de culte doivent être évités en particulier aux dates à forte portée symbolique (grandes fêtes religieuses, chrétiennes ou musulmanes et grands évènements publics).
  • Ne pas transporter de grosses sommes d’argent ou ses documents d’identité et titres de voyages (garder sur soi les copies) ; éviter de prendre des photos dans les lieux publics.
  • Ne pas utiliser sa carte de crédit, en raison des risques d’utilisation frauduleuse.

Conduite à tenir en cas d’agression :

Il n’y a pas d’animosité particulière au Nigeria à l’encontre des communautés expatriées. Les agressions visent donc avant toute chose vos biens matériels. A cet égard, il convient bien sûr d’éviter tout signe ostentatoire de richesse dans vos déplacements (bijoux, porte-feuille apparent…etc.). Si, en dépit de ces précautions, vous étiez victime d’une agression, il est nécessaire d’éviter absolument toute velléité de résistance. Il convient au contraire d’assurer vos agresseurs de votre disponibilité à coopérer et à leur remettre l’argent dont vous disposez.
Si vous êtes en voiture, remettez-leur les clés du véhicule et votre téléphone portable s’ils l’exigent. Demandez ensuite l’assistance de la police locale ou des passants : demandez à être conduit au consulat général de France si vous êtes à Lagos, à l’ambassade si vous êtes à Abuja, au consulat honoraire si vous êtes à Kano ou à Port Harcourt (Camp Total).


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