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Culture

Jean Dujardin. Un comique complet

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Jean Dujardin, ici, 17.9 ko, 400x336

Jean Dujardin, ici aux côtés de sa perspicace partenaire incarnée
par Bérénice Béjo, alterne avec une aisance irrésistible le
" charme crooner " et la " bêtise bovine " de l’espion
Hubert Bonisseur de La Bath, alias OSS 117.


Révélée par la scène, célébrée à la télé, la nouvelle coqueluche des Français dévoile enfin, au cinéma, dans OSS 117, l’étendue de son talent.

Pas un banal amuseur
Charisme et dérision

Jean Dujardin n’est pas un banal amuseur. Il lui aura fallu du temps et pas loin d’une dizaine de rôles pour le prouver. Pourtant, c’est indéniablement un comique de talent. C’est en faisant rire que Dujardin, âgé aujourd’hui de trente-quatre ans, s’est fait connaître du public français dans les années 1990. D’abord sur la scène de divers petits cabarets parisiens, puis dans une troupe qui fera les beaux jours d’une émission télévisée, " Fiesta ".

Trois fois vainqueur dans la catégorie " comiques " de l’émission " Graines de star " entre 1997 et 1998, il explose littéralement, en 1999, dans la mini-série cocasse Un gars, une fille, aux côtés de sa compagne, Alexandra Lamy. Un véritable carton télévisuel qui rassemblera plus de cinq millions de téléspec- tateurs chaque soir pendant quatre ans.

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Délirant, le rôle (...), 5.4 ko, 165x235

Délirant, le rôle de surfeur vanneur
Brice de Nice a rendu
Jean Dujardin célèbre jusque
dans les cours d’école.

Pas un banal amuseur

Les portes du cinéma s’ouvrent alors à lui. Mais on lui demande de faire rire, encore. Ses premiers films, Ah ! si j’étais riche et Toutes les filles sont folles, en 2002, ne sont pas de francs succès. C’est avec Mariages !, en 2003, où il interprète un jeune marié aussi cynique qu’attachant, mais surtout Brice de Nice, en 2004, qu’il atteint la consécration... au box-office avec plus de quatre millions d’entrées. Son rôle de Brice, surfeur décérébré et roi de la vanne " qui casse ", devient culte.

Heureusement, le succès, plutôt que de le pousser à accepter des rôles faciles, lui ouvre la voie vers des personnages plus riches et plus nuancés. Lui qui a déjà joué avec Carole Bouquet, Jean-Pierre Darroussin, Valeria Bruni-Tedeschi ou encore Mathilde Seigner prouve avec Le Convoyeur (2003) qu’il peut aussi être inquiétant. Il incarne dans ce polar urbain un convoyeur amical, sympathique, mais surtout totalement fou...

En 2005, dans Il ne faut jurer de rien !, une adaptation libre et enlevée d’une œuvre d’Alfred de Musset, avec Gérard Jugnot et Mélanie Doutey, Jean Dujardin fait une incursion dans le film d’époque, où il travaille son côté séducteur-cascadeur à la Jean-Paul Belmondo, dont il est un admirateur.

En 2006, avec OSS 117 (sorti en avril), l’acteur est enfin acclamé par la critique et retrouve le grand public, avec près de deux millions d’entrées. Il incarne le fameux Hubert Bonisseur de La Bath, alias OSS 117, agent secret français de l’après-guerre [1], inculte, machiste et suffisant, mais franchement irrésistible. Un pastiche soigné des films d’aventure et d’espionnage des années 1950-1960, décalé, bourré de références - allant de Tintin à Hitchcock -, qui se moque de façon réjouissante d’une France colonialiste et nombriliste complètement ridicule.

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Avec Mélanie Doutey,, 10.1 ko, 165x248

Avec Mélanie Doutey,
dans la comédie enlevée
inspirée d’Alfred de Musset,
Il ne faut jurer de rien (2005).

Charisme et dérision

" Tout acteur rêve de jouer un agent secret au moins une fois dans sa carrière, dit Jean Dujardin à propos de ce film. J’ai adoré l’idée de jouer comme Sean Connery dans James Bond - avec un marcel [2] bien français en dessous ! " Avec ce dernier long métrage, dans lequel il chante, danse, se bat, Jean Dujardin prouve, comme le dit son réalisateur Michel Hazanavicius, qu’il est " un gros bosseur, avec un sens du timing excellent, un acteur fabuleux qui sait tout faire ". Tour à tour drôle, séduisant, passant " du Sean à la Connery ", selon la formule d’un journaliste de l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur, il avance avec charisme et assurance sur le fil instable de la dérision, parvenant même à jouer avec brio au mauvais comédien...

Pour autant, pas question de prendre la grosse tête. " J’ai encore la naïveté de penser que ce métier est fait pour se marrer, explique-t-il. Je vais là où j’ai envie d’aller. Je préfère choisir un bon polar plutôt qu’une mauvaise comédie. Je marche à l’histoire. Si elle m’emballe, je fais le film. "

Après un passage au théâtre, à Paris, entre janvier et juin 2006, où il a partagé l’affiche de Deux sur la balançoire, de l’Américain William Gibson, il reviendra au cinéma dans l’adaptation du best-seller de Frédéric Beigbeder, 14,99 Euros.

Pierre Langlais
journaliste

[1] Héros des romans d’espionnage de l’auteur français Jean Bruce, traduits dans une vingtaine de langues.

[2] Maillot de corps masculin symbole du Français moyen.

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