La prostitution, un rapport hommes-femmes comme les autres ?

Affiches de l’association du mouvement du Nid.
Complaisance des uns, indifférence des autres, silence et ignorance générale sur un des sujets les plus tabous qui soient : la prostitution. En France, ce silence commence à être brisé. Un nouvel élan de réflexion et de mobilisation est apparu ces dernières années, avec des initiatives du Parlement, du gouvernement et du monde associatif, relayé auprès de l’opinion par la multiplication de reportages sur ce sujet dans les médias. Une prise de conscience à la hauteur de l’atteinte aux droits fondamentaux de la personne que représente la prostitution, phénomène aujourd’hui transnational.
"Miroir grossissant des rapports sociaux de sexe [1]", clef de voûte de la domination masculine, la prostitution s’inscrit dans la droite ligne des violences dont les femmes sont l’objet de la part des hommes dans toutes les sociétés et des prérogatives reconnues à la sexualité masculine. Pas un continent n’y échappe. Mais tous ne l’affrontent pas de la même manière.
Depuis le milieu des années 90, la prostitution connaît une recrudescence au niveau international. Avec les progrès de la mondialisation et de la logique de marché, l’effondrement des blocs et l’ouverture des frontières, on assiste à l’expansion et au perfectionnement des réseaux de traite, au développement de l’industrie du sexe et du tourisme sexuel et à la massification de la prostitution. Plus que jamais ce problème revêt une dimension transnationale. Le trafic et le commerce des corps dépendent bien souvent des mêmes réseaux que ceux de la drogue, des armes ou du blanchiment d’argent sale.
En 2002, on estime à plus de 5 millions le nombre de personnes prostituées dans le monde, essentiellement des femmes et des enfants. Les clients, eux, sont en général des hommes. Le chiffre d’affaires annuel de la prostitution serait de 60 milliards d’euros au niveau mondial, de 10 milliards d’euros au niveau européen. En France, 70 % des profits vont aux proxénètes.
De quoi expliquer les résistances rencontrées lorsque l’on veut s’attaquer à la prostitution, malgré la gravité de l’atteinte aux droits humains fondamentaux qu’elle représente. Enlèvements, confiscations des papiers, pressions sur les familles, chantages, camps de dressage, où les femmes sont soumises à force viols et tortures, élimination pure et simple dans certains cas, le mouvement du Nid [2] rappelle que le milieu de la prostitution utilise "des méthodes qui ont toujours été celles des esclavagistes". L’association française remarque que, comme dans l’esclavage, la personne prostituée est dépersonnalisée (elle est traitée comme un objet de consommation), dépendant d’un maître, pour le profit financier d’autrui dans un système structuré. En France, 95 % des 12 000 à 15 000 personnes prostituées sont aux mains de quelque 10 000 proxénètes.
Depuis une quinzaine d’années, avec l’appui de certains Etats, d’hommes politiques et de juristes, des lobbies militent activement, notamment au niveau de l’Union européenne, pour orienter la législation en faveur d’une réglementation, voire d’une légalisation, de la prostitution, sous couvert d’améliorer les conditions de travail des personnes prostituées et de les protéger. Cette campagne, visant à faire passer la prostitution pour une activité comme les autres, a relancé le combat abolitionniste mené notamment par la France.

Affiche du film événement
Chaos (sorti en 2001),
de la réalisatrice
française Coline Serreau,
retracant
le parcours d’une
jeune femme prostituée
pour s’en sortir.
Refusant de pénaliser les personnes prostituées, considérées comme les victimes d’un système d’exploitation, le modèle abolitionniste met en œuvre des programmes d’aide et de réinsertion, et lutte contre le proxénétisme, passible, en France, de peines de prison et d’amendes parmi les plus sévères au monde. Ce dispositif est complété par l’action l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH), créé en 1958, et dépendant du ministère de l’Intérieur. Cet organisme, unique au monde, a plusieurs compétences : centraliser l’information au niveau national en matière de prostitution et de proxénétisme, coordonner les enquêtes visant à démanteler les réseaux et à arrêter les proxénètes, mener des investigations sur le terrain, le tout en collaboration avec les services de police et de gendarmerie concernés.
En juin 2000, à New York, devant l’assemblée générale des Nations unies, chargée de faire le bilan cinq ans après la conférence de Pékin sur les droits des femmes, la France a réaffirmé, par la voix de sa secrétaire d’Etat aux droits des femmes, Nicole Péry, que "l’être humain n’est pas une marchandise et ne peut donc faire l’objet d’échanges et de commerce", conformément à la Convention du 2 décembre 1949 sur la "répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui", que la France a signée et ratifiée en 1960. Une déclaration solennelle française qui a été saluée par de nombreuses associations de femmes dans le monde.
Un colloque organisé par la fondation Scelles, avec l’aide de dix associations françaises, en mai 2000, à l’Unesco, à Paris, intitulé "Peuple de l’abîme, la prostitution aujourd’hui", a relancé l’intérêt des pouvoirs publics pour le sujet. En février 2001, un premier rapport d’activité sur "Les politiques publiques et la prostitution" a été présenté par Dinah Derycke, présidente de la délégation du Sénat aux droits des femmes. En janvier 2002, une proposition de loi était adoptée, en première lecture, par l’Assemblée nationale dans le cadre d’une mission d’information parlementaire sur l’esclavage moderne. Elle prévoit des autorisations de séjour et de travail renouvelables pour les personnes sortant d’un réseau mafieux, avec un hébergement sécurisé pendant trois mois.
En mars 2002, enfin, la sous-commission sur la prostitution et la traite des êtres humains à des fins sexuelles, lancée dans le cadre de la Commission nationale contre les violences faites aux femmes, rendait public le rapport et les recommandations de Malka Marcovitch, présidente du Mouvement pour l’abolition de la prostitution, la pornographie et de toutes formes de violences sexuelles et discriminations sexistes (Mapp). Autant d’initiatives qui témoignent d’une approche globale du problème par la France.
Par Anne Rapin
En 2001, deux films français dénonçant de façon très réaliste et frontale la prostitution interpellaient le grand public. Chaos, de Coline Serreau (la réalisatrice de Trois hommes et un couffin), qui retrace le parcours pour s’en sortir d’une jeune femme enrôlée dans la prostitution en cherchant à échapper à un mariage arrangé par sa famille, dont l’interprète - Rachida Brakni - a reçu le César du meilleur espoir féminin en 2002. Et, dans une moindre mesure, Nid de guêpes, de Florent Emilio Siri, avec Nadia Farès, Samy Nacéry, Pascal Gregory et Benoît Magimel, film d’action centré sur la lutte de policiers pour acheminer jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme le chef d’un réseau de prostitution international.
A.R.
Les droits fondamentaux de l’être humain sont le droit à la vie, à l’intégrité physique et psychique, le droit au respect de la vie privée, le droit à la liberté d’aller et venir, le droit à la dignité. Aucun d’entre eux n’est respecté dans les pratiques de la prostitution et les trafics de personnes à des fins d’exploitation sexuelle.
La Convention du 2 décembre 1949 pour la « répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui »,texte de référence de l’ONU [3]] , affirme dans son préambule : « La prostitution et le mal qui l’accompagne, à savoir la traite des êtres humains, sont incompatibles avec la dignité et la valeur de la personne humaine. » La France a signé et ratifié ce texte international en 1960. Il existe plusieurs pays qui ne l’ont toujours pas fait.
La sous-commission des droits de l’homme de l’ONU fait figurer la prostitution parmi les formes persistantes de l’esclavage depuis 1974. La Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’encontre des femmes (CEDAW, 1979) précise que les Etats parties doivent prendre « toutes les mesures appropriées, y compris des dispositions législatives, pour supprimer sous toutes leurs formes le trafic des femmes et l’exploitation de la prostitution des femmes ».
Le Protocole sur la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, additionnel à la Convention des Nations unies, « dite de Palerme », contre la criminalité transnationale organisée, a récemment été adopté. La France l’a signé en décembre 2000 et sa ratification est en cours.
Ses principaux acquis sont :
une définition universellement acceptée de la traite (désignant « le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation » ;
le fait de considérer les personnes concernées par ces trafics comme des victimes, et non comme des criminels, et de leur assurer une protection ;
le fait de rejeter la notion de « consentement » des victimes de la traite ;
le fait d’inclure dans la catégorie de la traite des personnes exploitées sur leur propre territoire, en faisant de la finalité d’exploitation l’essentiel du processus de la traite, et non le franchissement ou non de frontières.
“Il faut être contre la prostitution et pour les personnes prostituées”
Label France : La prostitution est-elle en essor aujourd’hui ?
Wassyla Tamzaly : Elle se développe, en effet, car il y a de moins en moins de freins et de plus en plus de facteurs qui contribuent à sa massification, comme la mondialisation qui facilite la circulation de l’argent sale, des corps humains - de femmes et d’enfants essentiellement -, mais aussi des organes, de la drogue. C’est le phénomène de la grande criminalité transnationale, dont relève une partie de la prostitution. Cette dernière a le malheureux avantage d’être plus facile à mettre en œuvre que le trafic de drogue, qui nécessite des fonds et des références importantes, qu’on ne demande pas pour un trafic de femmes. Pour kidnapper des femmes, confisquer leurs papiers, faire pression sur leurs familles, monter des « camps de dressage », où on les soumet à force de viols, voire de tortures, il suffit d’une bonne organisation en hommes.
LF : Dans quel contexte se situe aujourd’hui le combat contre la prostitution ?
WT : Durant ces trente dernières années, qui ont marqué l’apogée des luttes pour les droits des femmes, la prostitution a été le parent pauvre des mouvements féministes. Nous sommes, aujourd’hui, en train d’en subir les effets. Les mouvements pro-prostitutionnels et pro-trafic ont pu développer, sur le silence des féministes, une série d’argumentaires ambigus et pervers, dévoyant l’idée de liberté sexuelle pour banaliser la prostitution. Sous couvert de défense des droits des femmes prostituées, ils ont gagné certaines opinions publiques à accepter l’idée de la réglementation, voire de la légalisation, de la prostitution (Pays-Bas, Allemagne) et à la dépénalisation de certaines formes de proxénétisme (Belgique, Espagne).
D’autre part, nous sommes, dans tous les domaines, dans une période gestionnaire, qui privilégie le pragmatisme sur les principes. Depuis l’apparition de la maladie du sida, une partie des actions en direction des personnes prostitués vise non pas à les aider à quitter la prostitution mais à ne pas répandre la maladie tout en se prostituant.
LF : De quand date l’offensive du lobby pro-prostitution ?
WT : Du moment où l’Union européenne a commencé à envisager une législation commune en matière de prostitution, qui avait de grandes chances de s’harmoniser à la française, car il y avait davantage d’Etats abolitionnistes que d’Etats non-abolitionnistes. Le pire, c’est que ce sont des femmes qui ont été mobilisées par ces lobbies pour faire avancer leur cause. Aujourd’hui, le rapport de forces au niveau européen est en faveur des réglementaristes.
LF : Quels sont les mérites du système abolitionniste défendu par la France ?
WT : Le système abolitionniste est une réponse au système prohibitionniste, qui interdit la prostitution et consiste essentiellement à arrêter et à punir les prostituées. La première victoire de l’abolitionnisme a été de protéger la prostituée, considérée comme la victime d’un système d’exploitation et comme la partie émergée de l’iceberg. Il met également en œuvre des dispositifs d’assistance et de réinsertion, tout en luttant contre le proxénétisme. En réalité, il faut être contre la prostitution et pour les prostituées.
LF : Que pensez-vous des mouvements de prostitués qui revendiquent d’être reconnus pour avoir des droits ?
WT : Ce n’est pas une amélioration. Mais il faut être capable de lire cette revendication de différentes façons. Si ce sont des prostituées qui ne veulent pas que leur enfant fasse cela et qui, dans un situation donnée, viennent réclamer qu’on les reconnaisse dans leur dignité, il faut bien voir que c’est parce que la société rejette les prostituées mais accepte la prostitution. Il s’agit alors de mettre la société en face de ses responsabilités en lui disant, si vous acceptez la prostitution, alors il faut nous reconnaître notre dignité. Le philosophe Michel Foucault disait que pour défendre son identité, il faut refuser d’être assigné à son identité. Pour défendre les prostituées, il faut bien refuser de les assigner à la prostitution. Il faut défendre les prostitués en tant que personnes et leur donner accès à tous les droits individuels. Le reste n’est que manipulation.
LF : Comment expliquer la permanence de la prostitution malgré les avancées en matière d’égalité hommes-femmes ?
WT : Presque tous les gens sont convaincus que la prostitution, ce n’est pas bien. Tous, sans exception, ne souhaiterait pas que ce soit pour leur enfant ni pour eux-mêmes. Mais dès que l’on sort de cet intérêt bien compris, on arrive à une mollesse de raisonnement concluant que « la prostitution a toujours existé, etc. » Les féministes ont réussi à faire reconnaître le viol comme un crime, après des siècles d’existence, on peut espérer qu’il pourra en être de même pour la prostitution.
D’autre part, il y a convergence de plusieurs intérêts, notamment financiers, pour expliquer le maintien de la prostitution, mais l’obstacle le plus important à sa disparition est certainement la structure patriarcale et machiste en vigueur dans la plupart des sociétés. Que ce soit une femme ou un homme qui soit prostitué, le client est toujours un homme et c’est toujours la sexualité masculine qui est en cause.
LF : Que faire pour lutter contre ?
WT : La meilleure façon est, à mon avis, de suivre l’exemple des Suédois qui ont adopté une loi pénalisant le client. C’est une manière d’inverser les choses et de briser le tabou. Pour la première fois, il y a une société qui dit non à la prostitution, qui affirme concrètement qu’elle n’est pas acceptable, et qui pointe la responsabilité fondamentale des « clients ». Sans la tolérance à l’égard des clients, il n’y aurait pas de marché de la prostitution obligeant des personnes à vendre leur corps. Tant qu’on ne trouvera pas les moyens de rendre la prostitution difficile, on la favorisera.
Je crois, par ailleurs, qu’on peut responsabiliser le client, parce que c’est en général un homme comme tout le monde, et non un asocial, avec une femme et des enfants, mais qui vit une sorte de schizophrénie.
LF : Qu’est-ce qui se joue dans la possibilité d’acheter un corps ?
WT : On peut estimer qu’on donne beaucoup d’idées aux hommes avec la pornographie, avec le fait que des corps humains puissent être achetés. C’est là une transgression folle tout de même, surtout pour des esprits fragiles. Elle peut rompre les limites du monde, du côté de celui qui achète - l’argent n’étant qu’un symbole qui dédouane cet acte de violence -, comme du côté de celle qui vend son corps. Mais il y a peut-être une violence encore plus grande, c’est de le posséder sans argent, et on peut craindre aussi cette escalade, cet encouragement au viol.
L’ensemble de ce système est le résultat d’une grave transgression vis-à-vis de l’humain. Il faut refonder les principes des droits humains en déclarant très solennellement que le corps humain ne peut pas faire l’objet de vente ni d’achat. Tant que l’on n’aura pas vraiment inscrit cela dans la réalité des lois et des mentalités, on n’avancera pas sur la question de la prostitution.
Notre société s’est pourtant déjà engagée dans cette voie en considérant que tout ce qui concerne le corps devait être placé hors commerce et jugé inaliénable. C’est ainsi qu’en France, par exemple, il est interdit de vendre son sang, ou de louer son ventre pour porter l’enfant d’autrui, dans le cadre de la procréation médicalement assistée. Il faut aller jusqu’au bout et affirmer que la sexualité fait partie du corps humain et qu’elle est étroitement liée à l’intégrité et à l’identité de la personne pour condamner définitivement la prostitution. Celle-ci n’échappe à cette logique qu’en raison des droits supérieurs reconnus à la sexualité masculine dans la plupart des sociétés.
Enfin, la question de la prostitution est à réintégrer aujourd’hui dans la question des droits des femmes, car on ne peut pas comprendre pourquoi la prostitution est un mal, si on ne comprend pas que c’est une discrimination et une violence envers les femmes, qui a des conséquences sur les femmes prostituées, mais aussi sur les femmes dans leur ensemble. Car, tant qu’il y a aura une femme prostituée, le rapport de l’homme et de la femme sera marqué par le fait qu’on peut acheter une femme.
Entretien réalisé par Anne Rapin
« Le commerce du sexe », dossier spécial du magazine mensuel l’Histoire, avril 2002.
Le Livre noir de la prostitution (Trafics, réseaux, internet, tourisme sexuel...), d’Elizabeth Coquart et Philippe Huet, éd. Albin Michel, Paris, 2000.
La Prostitution, de Claudine Legardinier, coll. Les Essentiels, éd. Milan, Paris, 1996.
Prostitution et proxénétisme en Europe, ministère de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, éd. La Documentation française, Paris, 1995.
Amours à vendre, les dessous de la prostitution, de Florence Montreynaud, éd. Glénat, Grenoble, 1993.
Les Filles de noce. Misère sexuelle et prostitution (XIXe siècle), d’Alain Corbin, Flammarion, 1978.
Fondation Scelles (observatoire international et centre de recherche et d’information sur la prostitution) :
14, rue Mondétour
75001 Paris.
Tél. : (33-1) 40 26 04 45.
Email : fondationscelles@wanadoo.fr
Site internet : www.fondationscelles.org
MAPP (Mouvement pour l’Abolition de la Prostitution et de la Pornographie et de toutes formes de violences sexuelles et discriminations sexistes) :
BP 215 - 75226 Paris cedex 05
France.
Lobby européen des femmes : EWL-LEF
18, rue Hydraulique B-1210 Bruxelles.
Tél. (32-2) 217 90 20.
Site internet : www.womenlobby.org
[1] Selon la sociologue Michèle Pagès, La Dialectique des rapports hommes-femmes, sous la direction de Thierry Blöss, éd. PUF, Paris, 2001.
[2] Voir entretien.
[3] Sur internet : [4" title="http://untreaty.un.org/French/TreatyEvent2001/19.htm - Lien externe" class="spip_out">http://untreaty.un.org/French/TreatyEvent2001/19.htm Ex-directrice de l’Unesco chargée des programmes sur les droits des femmes, journaliste et ancienne avocate.



