En organisant ce séminaire avec de nombreux partenaires prestigieux, dont l’Agence de la biomédecine et la Commission française pour l’UNESCO, le Ministère des Affaires Etrangères et Européennes et l’Université Pierre et Marie Curie avaient le désir d’apporter aux Etats généraux de la bioéthique l’air frais d’un regard sur ce qui se fait dans des pays qui nous sont proches par le culture et les valeurs, mais dont les pratiques sont différentes.
LireLes objectifs du millénaire pour le développement (OMD) redonnent au secteur de la santé une place prioritaire. En effet, sur les 8 OMD, trois sont directement centrés sur la santé :
réduire des 2/3 le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans ;
réduire de ¾ le taux de mortalité maternelle ;
stopper la propagation du VIH/SIDA ; maîtriser le paludisme et les autres grandes maladies et commencer à inverser la tendance actuelle.
D’autre part, la cible 17 de l’objectif global 8, concerne un meilleur accès aux médicaments essentiels.
Bien que la réduction de la mortalité infantile aille dans le bon sens, passant de 106 à 83 pour 1 000 de 1990 à 2007 pour les pays en développement, cette tendance est insuffisante pour atteindre la cible de 35 pour 1 000 en 2015. La vaccination est une des stratégies les plus efficaces pour réduire la mortalité et la morbidité des enfants de moins de 5 ans, et l’on peut voir la couverture vaccinale des enfants en augmentation dans la majorité des pays grâce à l’appui de l’alliance mondiale pour la vaccination. La France est le deuxième bailleur de fonds mondial de l’alliance pour la vaccination, avec un engagement de près de 1,3 milliard d’euros sur 20 ans (de 2006 à 2025).
Par contre la réduction de la mortalité maternelle reste très insuffisante, l’Afrique au Sud du Sahara est la partie du monde où l’absence de progrès, voir les reculs, sont les plus manifestes : le risque de mourir d’une grossesse est de 1 pour 15 en Afrique au sud du Sahara comparé à 1 pour 10 000 en Europe. Pour atteindre cet objectif, la communauté internationale doit fortement se mobiliser pour permettre un renforcement des systèmes de santé, notamment en ressources humaines qualifiées, un accès universel à la santé de la reproduction dont les services de planification familiale, une amélioration du statut des femmes.
L’augmentation du nombre de malades traités pour la tuberculose, le paludisme et surtout le Sida est en augmentation croissante, ce qui laisse entrevoir une stagnation de l’évolution de ces maladies, voire un ralentissement et donc une possible atteinte de cet objectif en 2015.
De très nombreux obstacles structurels doivent être levés pour que des actions efficaces et de grande envergure, capables de provoquer un réel changement d’échelle soient mises en œuvre. Ces actions doivent s’inscrire dans une perspective de long terme, aussi la France a décidé d’augmenter son implication dans les partenariats multi latéraux pour donner un impact plus grand à ses interventions : le Fonds Mondial de lutte contre les pandémies, l’Alliance mondiale pour la vaccination, l’Alliance Globale pour les Ressources Humaines en santé, l’Initiative Providing for Health pour l’amélioration de l’application des systèmes de protection sociale ou encore l’International Health Partnership pour renforcer les actions dans les pays en application de la déclaration de Paris sur l’harmonisation de l’aide au développement.
L’action de la France en faveur des objectifs du millénaire concernant la santé est plus particulièrement centrée sur la lutte contre les grandes pandémies, le sida/VIH, la tuberculose et le paludisme. Deux instruments ont été privilégiés, le fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme et UNITAID.
Le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, a été créé en 2001, avec une forte impulsion française, pour augmenter considérablement les ressources afin de lutter contre les trois maladies les plus tueuses dans les pays les plus pauvres. C’est un Partenariat public privé, outil novateur principalement par sa gouvernance qui associe les donateurs et les bénéficiaires. À ce jour, le fonds a reçu des promesses de dons de près de 20 milliards de dollars et la France en est le second contributeur après les Etats Unis. Notre engagement se monte à 300 millions d’euros par an pour la période 2008 2010. Ses résultats sont remarquables, on peut citer en particulier la mise sous traitements antirétroviraux de 2 millions de patients africains et la distribution de 70 millions de moustiquaires imprégnées.
UNITAID, facilité internationale d’achats de médicaments, a été créée à partir des produits de la taxe sur les billets d’avion, pour apporter des financements prévisibles de long terme, afin d’accroître l’accès et de réduire les prix de médicaments de qualité pour le traitement du VIH/SIDA, du paludisme et de la tuberculose dans les pays en développement. La France apporte 70% des ressources totales d’UNITAID et devrait porter sa contribution à 450 millions d’euros pour la période 2009-2011.
La France a consacré 11 % de son APD au secteur de la santé en 2008 (si l’on inclut UNITAID, cela représente 13%. Ce pourcentage est à comparer au pourcentage moyen établi par le Comité d’aide au développement de l’OCDE, pour les pays qui en font partie, qui est de 11%. Le montant total des financements français destinés à la santé en 2008 est estimé à 970 millions d’euros, dont 74% sont des engagements multilatéraux.
Mise à jour : 20.04.09