BERLIOZ, Hector 1803 - 1869
Biographie
La Côte-Saint-André, 11 décembre 1803 / Paris, 8 mars 1869.
Il reçoit de son père, médecin cultivé, sa première éducation musicale, apprenant à jouer de la flûte et de la guitare, et découvre avec émerveillement Virgile, qu’il admirera toute sa vie. Bachelier en 1821, il part pour Paris faire ses études de médecine, selon le voeu paternel. Mais la musique le détourne très vite des amphithéâtres de la Faculté et, enthousiasmé par Gluck et par Weber, il décide de devenir compositeur. Il écrit et fait exécuter à ses frais, en 1825, une Messe solennelle, mais le succès fait long feu (cette messe, que Berlioz disait avoir détruite, a été retrouvée en 1992). Éliminé au concours de Rome en 1826, ses parents s’opposent à sa vocation, mais devant sa détermination, son père finit par céder. Berlioz entre alors au Conservatoire, où il suit l’enseignement de Lesueur et de Reicha. En 1827, une tournée d’artistes anglais lui fait découvrir Shakespeare ; dans la troupe, joue une actrice irlandaise, Harriett Smithson, dont Berlioz devient aussitôt amoureux fou. L’année suivante, se présentant pour la troisième fois, il obtient le second prix du Concours de Rome avec Herminie, et compose les Huit scènes de Faust, ébauche de la future Damnation. Recalé à nouveau au concours, où les audaces de sa Cléopâtre effraient le jury, il obtient enfin le Grand Prix en 1830, à sa cinquième tentative, avec Sardanapale. Surtout, la mÍme année, il fait jouer la Symphonie fantastique. Cette bombe le propulse au premier rang du monde musical.
Après un séjour décevant à la Villa Médicis, Berlioz rentre à Paris en 1832 ; l’exécution de la Symphonie et de son pendant, Lélio, composé à Rome, est l’occasion pour lui de retrouver Harriett Smithson. Sa passion pour elle ne s’est pas éteinte. Il l’épouse en octobre 1833. Mais ce ne sera pas un mariage heureux. En 1834 est créé Harold en Italie, commandé par Paganini. Pour subvenir à ses besoins, Berlioz devient critique musical au Journal des débats en 1835. Il le restera près de trente ans. Si le Requiem, commande officielle de 1837, est bien accueilli, il n’en est pas de même de son opéra Benvenuto Cellini, qui échoue complètement. Cependant, grâce à Paganini encore, Berlioz peut composer Roméo et Juliette, qui déchaîne à sa création l’enthousiasme de Wagner. En 1841, en partie pour fuir son ménage, devenu insupportable, Berlioz, accompagné de sa maîtresse Marie Recio, entreprend une tournée de concerts à l’étranger. Ce sera le début d’une série triomphale (Belgique et Allemagne, 1842-1843, Prague et Budapest, 1846, Russie, 1847...). L’Europe fête Berlioz tandis que Paris le méprise ou l’ignore. L’échec de la Damnation de Faust le blessera ainsi d’autant plus profondément qu’il estimait l’oeuvre une de ses meilleures, et à juste titre. Cependant, la reconnaissance officielle ne lui manque pas : bibliothécaire au Conservatoire, il est élu à l’Institut en 1856. Et Paris applaudit, en 1854, L’Enfance du Christ, en 1855, le Te Deum. Mais il ne peut réussir à faire jouer les Troyens, son « opus magnum », qu’en 1863, dans une version d’ailleurs mutilée, et la première de l’opéra-comique Béatrice et Bénédict eut lieu en 1863 à Baden-Baden. Les dernières années de la vie de Berlioz furent difficiles. Après la mort d’Harriett en 1854, il avait épousé Marie Recio, mais celle-ci mourut à son tour en 1862. Trois ans plus tard, son fils Louis mourait de la fièvre jaune à La Havane. Malade, amer, le musicien s’éteignit à 65 ans, après un voyage triomphal dans cette Russie musicale qui l’avait si bien compris.
Berlioz est une des grandes figures de la musique romantique européenne. Ses sources littéraires (Goethe, Shakespeare, Virgile) lui ont donné le sens de l’universel. Passionné lucide, il est le contraire d’un improvisateur. Il s’attache à rendre avec évidence et clarté sa vision, rejetant les schémas traditionnels au bénéfice d’une approche poétique qui cerne l’action dramatique. Tout est drame chez Berlioz, et tous les moyens sont subordonnés à l’expression. Remarquable mélodiste, il est aussi un coloriste exceptionnel, et le premier orchestrateur moderne. On n’oubliera pas enfin qu’il fut un remarquable écrivain et un critique musical de premier ordre : ses passionnants Mémoires et ses livres sur la musique en témoignent.
Œuvres
| Opéras | |
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| Les Francs-Juges (1826-1833, en partie perdu) ; La Nonne sanglante (1841-1847, inachevé) |
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| Benvenuto Cellini (1834-1837) ; Béatrice et Bénédict (1860-1862) |
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| Les Troyens (1856-1858) |
| Symphonies et œuvres pour orchestre | |
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| Grande symphonie funèbre et triomphale (1840) ; Rêverie et caprice, pour violon et orchestre (1841) |
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| Ouvertures (outre celles des opéras cités ci-dessus) : Waverley, Rob Roy, Le Roi Lear, Carnaval romain, Le Corsaire ; Harold en Italie, symphonie avec alto principal (1834) |
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| Symphonie fantastique, op. 14 (1830) ; Roméo et Juliette, pour mezzo-soprano, ténor, basse, chœur et orchestre (1839) |
| Œuvres chorales sacrées et profanes | |
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| Messe solennelle (1824, retrouvée en 1992) ; Lélio ou le Retour à la vie, op. 14b (1827 et suiv.) ; Plusieurs œuvres pour choeur dont : La Mort d’Orphée, Le 5 Mai, Le Ballet des ombres, Tristia, etc. |
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| Te Deum (1849-1855) ; L’Enfance du Christ, trilogie sacrée (1850-1854) |
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| Requiem (Grande Messe des morts - 1837) ; La Damnation de Faust, légende dramatique (1846) |
| Œuvres pour voix soliste | |
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| Cantates : Herminie, La Mort de Cléopâtre ; Plus de 40 mélodies, dont : Irlande, La Captive, Les Nuits d’été (orchestré), La Mort d’Ophélie, Sara la Baigneuse (pour chœur ou duo), etc. |
Discographie
Benvenuto Cellini
Gedda, Eda-Pierre, Bastin, Massard, Soyer, Chœur de Covent Garden, BBC Symphony Orchestra, dir. Colin Davis. - CD Philips, réf. 4169552
Les Troyens
Veasy, Vickers, Lindholm, Chœur et Orchestre de Covent Garden, dir. Colin Davis. - CD Philips, réf. 4164322
Béatrice et Bénédict
Graham, Viala, McNair, Bastin, Chœur et Orchestre de l’Opéra de Lyon, dir. John Nelson. - CD Erato, réf. 2292457732
Ouvertures : Carnaval romain, Le Corsaire, Les Francs-Juges, Le roi Lear, Waverley.
London Symphony Orchestra, dir. Colin Davis. - CD Philips, réf. 4164302
Symphonie fantastique
Orchestre Révolutionnaire et Romantique, dir. John Eliot Gardiner. - CD Philips, réf. 4344022
Orchestre Symphonique de Detroit, dir. Paul Paray (avec Marche hongroise, Marche troyenne et deux Ouvertures). - CD Mercury, réf. 4343282
Harold en Italie
William Primrose (alto), Royal Philharmonic Orchestra, dir. Thomas Beecham. - CD Sony, réf. MPK 47679
Roméo et Juliette
Julia Hamari, Jean Dupouy, José Van Dam, Chœur du Conservatoire de Nouvelle-Angleterre, Boston Symphony Orchestra, dir. Seiji Ozawa. - CD DG, réf. 4230682
Messe solennelle
Solistes, Chœur Monteverdi, Orchestre Révolutionnaire et Romantique, dir. John Eliot Gardiner. - CD Philips, réf. 4421372
Requiem ; Grande Symphonie funèbre et triomphale
Choeur John Alldis, Chœur et Orchestre Symphonique de Londres, dir. Colin Davis. - CD Philips, réf. 4162832
La Damnation de Faust
Gedda, Veasey, Bastin, Ambrosian Singers, Chœur et Orchestre Symphonique de Londres, dir. Colin Davis. - CD Philips, réf. 4163952
L’Enfance du Christ
Otter, Cachemaille, Van Dam, Bastin, Rolfe-Johnson, Choeur Monteverdi, Orchestre de l’Opéra de Lyon, dir. John Eliot Gardiner. - CD Erato, réf. 2292452752
Intégrale des mélodies avec orchestre
Soliste, Orchestre de l’Opéra de Lyon, dir. John Eliot Gardiner. - CD Erato, réf. 2292455172
Les Nuits d’été (avec Roméo et Juliette)
Anne Sofie von Otter, Orchestre Philharmonique de Berlin, dir. James Levine. - CD DG, réf. 4276652
Bibliographie
Écrits de Berlioz : Mémoires, Flammarion, coll. Harmoniques, 1991 ; Cauchemars et passions [feuilletons critiques], éd. Gérard Condé, Lattès 1981 ; Les Soirées de l’orchestre (rééd. 1968, épuisé)
Sur Berlioz : David Cairns, Berlioz, La naissance d’un artiste, Belfond 1991 ; Christian Wasselin, Hector Berlioz : les deux ailes de l’âme, Gallimard (Coll. Découvertes), 1989




