Vers un partenariat mondial pour l’alimentation et l’agriculture (16 octobre 2008)
La Journée mondiale de l’Alimentation, qui commémore la date de fondation de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) en 1945, est l’occasion de souligner les défis posés à la sécurité alimentaire mondiale notamment par le changement climatique et le développement des bioénergies.
La lutte contre la pauvreté et la faim est le premier des huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Selon la FAO, 925 millions de personnes sont sous-alimentées aujourd’hui, la plupart d’entre elles vivant en milieu rural où le secteur agricole constitue leur principale source de revenu. En outre, le changement climatique a un impact réel sur la disponibilité en terre et en eau, avec des risques d’effets négatifs sur l’accès aux aliments.
La France participe à la lutte contre la pauvreté et la faim dans le monde au travers de ses divers programmes de développement et d’aide alimentaire. Après la réunion du G8 de Toyako, au Japon, qui a adopté une résolution sur ce sujet, la réunion d’un groupe d’expert du G8 à Tokyo, le 12 septembre, puis les travaux de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le 22 septembre, permettent d’envisager la mise en place d’un partenariat mondial pour l’alimentation et l’agriculture associant une pluralité d’acteurs : Etats du Nord et du Sud, organisations internationales, organisations non-gouvernementales, secteur privé et société civile.
Ce partenariat s’appuierait sur 3 piliers :
un groupe international sur la sécurité alimentaire qui devrait regrouper l’ensemble des parties prenantes en matière de sécurité alimentaire (institutions internationales, ONG, organisations professionnelles agricoles, communautés scientifiques et contributeurs financiers). Ce groupe serait le garant de la cohérence globale des décisions et des engagements pris sur les questions relatives à la sécurité alimentaire du monde. La Task Force des Nations unies pour la sécurité alimentaire en assurerait le secrétariat
un panel/groupe international d’expertise sur la sécurité alimentaire (GIESA), pendant alimentaire du GIEC dédié au climat. Les conclusions de cette plate-forme de synthèse des connaissances scientifiques à la composition multidisciplinaire seront rendues publiques
enfin, une Facilité mondiale pour la sécurité alimentaire. Cette facilité financière permettra l’amélioration de la sécurité alimentaire et de l’état nutritionnel à tous les niveaux (ménages, local, national et régional) par le renforcement des filières agricoles fondées sur les exploitations familiales et des dispositifs de proximité pour la prise en charge des populations vulnérables à la malnutrition. Elle interviendra à deux niveaux :
en soutenant des partenariats entre acteurs privés et publics au service de projets innovants ayant un impact de moyen et long termes sur la sécurité alimentaire (complémentaires des aides d’urgence nécessaires pour juguler les tendances actuelles) ;
en contribuant à l’amélioration de l’environnement institutionnel, politique et du climat d’investissement.
Cette facilité mondiale pour la sécurité alimentaire est une innovation majeure. Légère dans sa gouvernance, réactive et flexible, elle serait gérée par le FIDA (Fonds International pour le Développement Agricole) et elle répondrait à des demandes de subventions émanant des pays les plus vulnérables, présentées par les Etats, les ONG ou les organisations professionnelles agricoles.
Au niveau bilatéral, l’Agence française de développement consacrera 1 milliard d’euros au développement rural dans les 5 ans selon une triple approche :
accompagner l’élaboration de politiques agricoles concertées,
contribuer à une croissance durable et équitable en zone rurale,
promouvoir le développement et la gestion équilibrée des territoires ruraux.
La Commission européenne a proposé une facilité dotée d’ 1 milliard d’euros pour répondre à la crise alimentaire.
La France souhaite que l’Union européenne se mobilise au service de politiques de moyen et long termes, faisant toute leur place aux cultures vivrières et permettant une véritable structuration de filières agricoles.


