Enfants soldats

Programmes de désarmement, démobilisation, réintégration

Quand les combats prennent fin, les enfants soldats sont des vétérans. Victimes ou bourreaux, ils refusent très souvent d’être traités comme des enfants. Nombre d’entre eux, démobilisés, sont de jeunes adultes qui n’ont reçu aucune éducation primaire ; ils doivent partager les bancs d’école avec de vrais enfants. Les problèmes d’adaptation sont immenseset le retour à une vie familiale est tout aussi ardu : les enfants combattants ont eu pouvoir de vie et de mort ; ils ne supportent plus l’autorité. Forcés par le passé de commettre des atrocités au sein de leur famille ou de leur communauté, ils n’osent plus rentrer chez eux, par culpabilité ou peur des représailles. La réintégration des filles victimes de violences sexuelles est encore plus délicate : soumises à l’ostracisme, leurs souffrances sont niées, marginalisées, notamment lorsqu’il s’agit de filles mères.

Illust: La main d’un soldat, 26.6 ko, 250x250
La main d’un soldat sur le canon
d’une arme, au Soudan, pays dans lequel
l’Unicef a démobilisé de nombreux enfants soldats.
© Mann 2001

Les programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration peuvent être longs et coûteux : la démobilisation et la réinsertion coûtent en moyenne 1500 euros par enfant.

Chaque étape du processus de démobilisation est essentielle :
- Le désarmement, moment symbolique, doit concerner tous les enfants associés aux armées et groupes armés ; il ne doit pas être monétisé ;
- La démobilisation, symbole de la cassure avec le groupe armé, est officialisée par une cérémonie. Elle ne doit pas être l’affaire des militaires mais des organisations de protection de l’enfance et des structures gouvernementales en charge des enfants. Une fois désarmés, les enfants sont regroupés dans des camps de transit qui constituent un environnement plus protecteur ;
- La réhabilitation : ces enfants, privés de tout repère autre que la violence, reçoivent pendant 4 à 12 semaines un accompagnement psychologique (thérapies seuls ou en groupe, désintoxication, hébergement pour les filles), des soins. Des aides à l’éducation et à la formation sont indispensables, comme l’ont démontré les exemples réussis de démobilisation en RDC et en Sierra Leone.
- La réinsertion : les travailleurs humanitaires font en sorte que leur action auprès de l’enfant soit relayée par la communauté et s’inscrive dans la durée. Dans ce souci, l’UNICEF accompagne les communautés, par la promotion de l’éducation et par des programmes d’apprentissage accéléré et d’aide à l’artisanat. Des structures spécifiques sont instaurées pour que les filles accèdent à toutes les étapes des programmes DRR.

L’effort de la communauté internationale porte désormais sur ces programmes et l’UNICEF y joue un rôle de premier plan dans ce travail. Depuis 2001, 95 000 enfants ont pu suivre des programmes de prise en charge ou de réinsertion. L’Afrique de l’Ouest, gravement touchée par le phénomène des enfants soldats, compte en 2005, 20 000 enfants impliqués dans des programmes DDR ou en attente de démobilisation.

impressionVersion imprimable