Le 12 février marque la Journée internationale des enfants soldats, célébrée le jour anniversaire du Protocole facultatif à la convention des droits de l’enfant relatif à l’implication des enfants dans les conflits armés (adopté en 2000 par les Nations unies et entré en vigueur en 2002). Ce protocole, qui interdit l’utilisation et l’enrôlement obligatoire des moins de 18 ans, a été à ce jour signé et ratifié par 123 États, dont la France. Les enfants soldats constituent un sujet et un combat prioritaire en matière de droits de l’Homme pour la France, qui est devenue chef de file en la matière au niveau international.
On estime à environ 250 000 le nombre d’enfants soldats dans le monde. Ces enfants ne sont pas enrôlés dans le seul but de combattre, ils sont aussi victimes de violences sexuelles, de mutilations, souvent suite à un enlèvement. Nous sommes face à un véritable fléau qui porte une atteinte grave aux droits de l’enfant.
Le Secrétaire général des Nations unies a constaté, dans son dernier Rapport annuel sur les enfants et les conflits armés , rendu public le 22 avril 2009, de graves violations des droits des enfants dans 20 pays. Il cite 56 parties à des conflits (étatiques ou non étatiques) responsables de recrutement et d’emploi d’enfants soldats, dont 14 se sont rendus coupables de ces exactions depuis de nombreuses années.
Afin d’y remédier, le Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) a mis sur pied un groupe de travail sur les enfants dans les conflits armés, qui examine la situation dans les pays problématiques identifiés et émet des recommandations à l’égard des gouvernements ou des groupes rebelles de ces pays, afin de prévenir le recrutement d’enfants soldats, obtenir leur libération et faciliter leur réinsertion dans la société. En cas de non-application de ses recommandations, le groupe de travail peut demander au CSNU de prendre des sanctions. La France a présidé ce groupe de travail du Conseil de sécurité sur les enfants et les conflits armés de sa création en 2005 jusqu’en 2009, avant de passer le témoin au Mexique. Lorsqu’il est saisi en raison de la présence d’enfants soldats, le groupe de travail examine également cinq autres violations graves des droits de l’enfant : violences sexuelles, assassinats ou mutilations, attaques contre les hôpitaux et écoles, non-accès des organismes humanitaires aux enfants et enlèvements d’enfants.
La France a par ailleurs pris plusieurs initiatives importantes sur ce thème. En 2007, la conférence « Libérons les enfants de la guerre » a permis l’adoption des « Engagements de Paris », texte de nature politique visant à renforcer la lutte contre ce phénomène. Ils sont un ensemble de principes et de bonnes pratiques allant au-delà des obligations juridiques existantes au plan international. À l’heure actuelle, ils ont été souscrits par 84 États. Un Forum ministériel de suivi des « Engagements de Paris » a été crée par la France en partenariat avec l’UNICEF, et sa seconde réunion s’est tenue le 29 septembre 2009. Ce Forum permet notamment de faire le point sur les besoins existants en matière de réinsertion des ex-enfants soldats, point sur lequel la France a décidé de mettre l’accent. Les programmes de réinsertion sont un élément capital pour espérer éradiquer durablement le fléau des enfants soldats. Le prochain forum de suivi des engagements de Paris se tiendra à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, à l’automne prochain.
La France - plus que jamais engagée en faveur de la protection de l’enfance dans les conflits armés - continuera à faire de ce combat l’une de ses priorités en matière de droits de l’Homme.