France-Diplomatie
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Revue Frères d’armes

L’enseignement du français en milieu militaire au Ghana soutenu par l’OIF et des partenaires privés

L’histoire de l’enseignement du français en milieu militaire au Ghana débute fin 2003, lors de la mise en place du premier coopérant militaire à Accra. Depuis, quatre centres ont été ouverts : un au sein d’une vaste “base de défense” abritant le ministère de la défense et les états-majors d’armées, deux au sein de la Military Academy and Training School (un pour tout militaire volontaire, au sein de la School of Education, et un pour les élèves officiers en formation initiale, au sein de la Ghana Military Academy), et enfin, un dernier créé en octobre 2007 au sein du Kofi Annan International Peacekeeping Training Centre (KAIPTC). 2008 verra l’inauguration d’un cinquième centre, hors d’Accra, sur la base navale de Sekondi et au profit de la garnison interarmées de Takoradi (250 km ouest d’Accra). Enfin, un sixième centre devrait être créé en 2009, au profit de la deuxième garnison du pays, Kumasi (250 km nord-ouest d’Accra).

Le cinquième centre est un exemple qui montre la voie à une coopération nouvelle. En effet, le recours à des financements innovants doit être privilégié, et notamment la sollicitation de partenaires privés. Le sponsoring est un procédé dans lequel chacune des parties prenantes trouve son intérêt. Le coopérant militaire voit ses possibilités d’action multipliées, l’entreprise qui soutient le projet de coopération est ainsi associée à une action qui profite directement à une institution nationale (unité du ministère de la défense) et le partenaire ghanéen voit se réaliser plus rapidement des projets qui pouvaient être planifiés sur des périodes plus longues. L’expérimentation de ce procédé au Ghana a permis, grâce à l’engagement de la société SDV-Bolloré d’achever les lourds travaux de réhabilitation du local qui doit abriter le centre d’enseignement du français de la base navale de Sekondi.

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Des contacts de même nature sont déjà pris auprès d’autres sociétés (Total) et devraient aboutir à de nouvelles et fructueuses collaborations. Enfin, l’Organisation Internationale de la Francophonie, par l’intermédiaire de ses représentations régionales, semble disposée à participer à notre action. Des engagements plus formels doivent maintenant être obtenus afin de s’assurer de la réelle volonté de l’OIF d’ œuvrer dans notre sens. Pour conclure, je suis convaincu que l’enseignement du français est bien plus qu’une simple action de coopération, surtout dans un pays non francophone, entretenant des relations bilatérales parfaitement décomplexées avec la France. La dimension culturelle d’échange et de connaissance mutuelle en fait un outil privilégié de rapprochement des civilisations. Si l’aspect technique de cette action, l’apprentissage effectif du français, est un impératif incontournable, la diffusion et l’explication de la culture française est ce “supplément d’âme” qui conquiert les cœurs. “Je n’enseigne point, je raconte” disait Montaigne. Le libellé du projet ne doit pas être compris dans une dimension restrictive, mais bien au contraire comme une opportunité de découverte et de transmission, une porte ouverte sur la langue et la culture françaises, et sur le monde francophone en général.

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