France-Diplomatie
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Revue Frères d’armes

Djibouti : des yeux sur la Mer Rouge

“Ship at position : 12°00N - 043°30E, on course 250, at speed 22 knots, this is Ras Bir signal station Djibouti navy control, do you read me, over ?”

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Implantation de la chaîne sémaphorique de la MND

C’est par cette phrase que, depuis mars 2003 tout bâtiment pénétrant dans les eaux territoriales de la république de Djibouti est « attaqué » par le sémaphore de Ras Bir....Mais un retour en arrière s’impose...

En 2000 et 2002 les actes de terrorisme maritime aux Yémen et l’essor du port de Djibouti ont incité légitimement les autorités djiboutiennes à parfaire leurs moyens d’intervention nautiques et à développer en parallèle un réseau de surveillance de leurs abords maritimes, soit 370 kilomètres de côtes.

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Les guetteurs djiboutiens

Ainsi en 2003, la France, par le biais de la mission de coopération militaire et de défense, a apporté son concours aux autorités djiboutiennes pour la construction du premier sémaphore implanté au Ras Bir. Ce dernier est un sémaphore de première catégorie équipé d’un radar de navigation de type bridge master, d’un système « Automatic Identification System » ou AIS et de moyens de communications VHF.

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Il faut désormais compter avec l’évolution de la situation régionale...

Le développement rapide des complexes portuaires de Djibouti et de Doralé et l’importance toujours plus stratégique du détroit de Bab-el-Mandeb, force était de constater que la zone de couverture de cet unique sémaphore ne suffisait plus aux exigences opérationnelles du moment.

De ce constat naît l’idée d’implanter un deuxième puis un troisième sémaphore pour permettre à la Marine Nationale Djiboutienne (MND) de surveiller la totalité de leurs eaux territoriales mais aussi de participer au contrôle du trafic commercial dans le fameux détroit de Bab-el-Manbeb. En 2006, la réhabilitation de l’ancienne tour de guet sur l’île de Maskali à six nautiques du port de Djibouti est conduite en partenariat avec les trois coopérants de la marine française. Le sémaphore de Maskali est inauguré par le ministre de la défense Djiboutienne et l’ambassadeur de France en février 2007. Ce nouvel édifice permet désormais d’assurer la sécurisation de 75% des eaux territoriales, de renforcer le contrôle du trafic maritime « entrée et sortie » du port de Djibouti, de participer à la surveillance des sites touristiques des îles Mousha et Maskali, d’améliorer la coordination des moyens lors d’opérations de secours en mer et d’accroître la capacité d’intervention de la marine nationale djiboutienne face à de potentielles menaces.

De plus, la construction en 2008 d’un troisième sémaphore, situé à Moulhoulé, complétera le dispositif mis en place et permettra d’assurer la surveillance de la totalité des abords maritimes du pays.

Ainsi, par l’action coordonnée de cette chaîne sémaphorique et des moyens nautiques de la MND (13 patrouilleurs côtiers et 7 vedettes rapides) les intérêts de la République de Djibouti dans le cadre de l’action de l’état en mer seront sauvegardés.

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A l’échéance 2010, les informations radars et AIS recueillies par les sémaphores de Ras Bir et Moulhoulé seront déportées via le réseau de transmissions par faisceau hertzien, actuellement en cours de réalisation par le projet SIC de la coopération française. L’ensemble des données sera alors dirigé vers le centre des opérations de la marine situé à l’état major de la marine à Djibouti. Actuellement, seule la recopie des informations du sémaphore de Maskali y sont traitées grâce à un système wifi réalisé en 2007.

Enfin, parallèlement à ces travaux d’infrastructures, deux formations de premier niveau de guetteur sémaphorique, de type certificat d’aptitude technique, ont été dispensées à Djibouti en 2003 et 2007. Ces missions de courte durée (trois mois et demi chacune) ont permis de former 16 guetteurs, tous qualifiés, pour armer les deux sémaphores. Une troisième promotion débute actuellement sa formation pour compléter le dispositif humain en vue de la mise en service du dernier sémaphore en octobre 2008. Par ailleurs, les deux plus méritants d’entre eux ont suivi en France le cours de brevet supérieur dispensé à l’école de manœuvre de Lanvéoc-Poulmic.

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Grâce au partenariat établi entre la marine nationale djiboutienne et la mission de coopération militaire et de défense, la République de Djibouti sera dotée fin 2008 d’outils performants et de personnels compétents pour assurer efficacement les missions d’actions de l’état en mer dévolues à la MND.

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