Défense et sécurité

L’Irak dans les relations internationales de 1990 à 2004

L’Irak de 1990 à 2004 : chronologie intégrale

L’Irak depuis le 1er août 1990



1. De l’invasion du Koweït à l’opération " Tempête du désert "



- Le 2 août 1990 au matin, l’Irak envahit le Koweït, dans la journée, le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) adopte la résolution 660, condamnant l’invasion, la France condamne " l’agression " irakienne au Koweït, et gèle les avoirs koweïtiens et irakiens en France

- Le 6 août 1990, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte larésolution 661 qui impose des sanctions économiques à l’Irak : la France met en place un embargo commercial total sur toutes les livraisons irakiennes et koweïtiennes et suspend toute coopération militaire avec l’Irak.

- Le 7 août 1990, les Etats-Unis lancent l’opération " Bouclier du désert ". Leurs troupes sont stationnées en Arabie saoudite.

- le 9 août 1990, le président français Mitterrand demande que soit rétabli " le droit international " violé par l’Irak et annonce l’envoi vers le Golfe de forces navales chargées de contrôler l’embargo.
10 août 1990 : Lors d’un sommet extraordinaire de la Ligue arabe réuni au Caire, une faible majorité d’Etats condamne l’agression et décide l’envoi d’une force panarabe (troupes syriennes, égyptiennes et marocaines) pour protéger l’Arabie Saoudite.

- Le 18 août 1990, l’Irak annonce la prise en otage des " ressortissants des nations agressives ". Le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 664, exigeant de l’Irak qu’il permette aux étrangers de quitter le pays et ne porte pas atteinte à leur sécurité.

- le 21 août 1990, le président français Mitterrand juge " intolérable " la prise en otages par l’Irak de ressortissants étrangers, dont 560 Français.

- Le 25 août 1990, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 665, demandant aux Etats membres de participer à l’inspection des navires marchands croisant dans le Golfe persique, afin de faire respecter l’embargo.
Le 2 septembre, une première vague de femmes et d’enfants français retenus en otages est autorisée à quitter l’Irak
Le 13 septembre 1990, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 666, confiant pour mission au Secrétaire général des Nations unies de veiller à la situation humanitaire en Irak et au Koweït, notamment en matière de ressources alimentaires.
Le 14 septembre 1990, des soldats irakiens saccagent la résidence de l’ambassadeur de France à Koweït et enlèvent 4 Français.
Le 15 septembre 1990, en réponse à cette agression, la France lance l’opération Daguet - 4000 hommes, des chars, des hélicoptères et des avions de combat sont déployés en Arabie saoudite - et saisit le Conseil de sécurité de l’ONU.
Le 16 septembre 1990, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 667, condamnant la violation des locaux diplomatiques français et appelant à la protection des personnels diplomatiques.
Le 24 septembre 1990, l’Irak présente ses excuses. Le même jour, devant l’assemblée générale de l’ONU, le président français Mitterrand expose les grandes lignes d’un plan de paix.
Le 1er octobre 1990, 9 otages français sont libérés.
Le 17 octobre 1990, la France décide de porter le dispositif militaire français Daguet en Arabie Saoudite à 6400 hommes.
Le 23 octobre 1990, le parlement irakien approuve la proposition du président irakien, Saddam Hussein, de libérer les ressortissants français retenus en Irak et au Koweït et souligne ’ le désir ’ de l’Irak de sauvegarder ses relations avec la France - les autorités françaises se félicitent de cette ’ décision unilatérale ’ mais réaffirment leur fermeté et leur solidarité avec la communauté internationale dans la crise du Golfe.
Le 29 octobre 1990, 3 militaires français en mission de reconnaissance sont capturés par une patrouille irakienne et conduits à Bagdad où ils sont remis au chargé d’affaires de l’ambassade de France. Le même jour, le Conseil de sécurité de l’ONU réitère dans la résolution 674, sa condamnation des prises d’otages d’étrangers par l’Irak.
Le 30 octobre 1990, 262 " otages " français arrivent à Paris, parmi lesquels les 7 diplomates assiégés dans l’ambassade de France à Koweït depuis le 24 août .
Le 8 novembre, le président Bush porte à 300 000 les forces américaines stationnées dans le Golfe.
Le 29 novembre 1990, en adoptant la résolution 678, le Conseil de sécurité de l’ONU réaffirme les principes de la résolution 660.
Le 4 janvier 1991, Roland Dumas, ministre des Affaires étrangères, présente devant les ministres de la CEE un plan en 7 points qui envisage une solution diplomatique à la crise.
Le 9 janvier 1991, la rencontre à Genève entre James Baker, secrétaire d’Etat américain et Tarek Aziz, ministre irakien des Affaires étrangères échoue.
Le 12 janvier 1991, plus de 200 000 personnes manifestent contre la guerre dans différentes villes françaises, à l’appel du parti communiste français, de l’extrême gauche, des Verts et d’organisations pacifistes.
Le 14 janvier 1991, la France propose au conseil de sécurité de l’ONU un projet de plan pour éviter la guerre, soutenu par l’URSS et l’Italie mais rejeté par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.


2. La guerre du Golfe


Le 16 janvier 1991, l’Assemblée nationale et le Sénat approuvent la déclaration de Michel Rocard, premier ministre, prévoyant le recours à la force pour libérer le Koweït.
Le 17 janvier 1991, premier jour de l’opération " Tempête du désert ", l’aviation française participe aux premiers bombardements.
Le 18 janvier, l’Irak tire ses premiers missiles SCUD sur Israël.
Le 29 janvier 1991, Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Défense, démissionne "en estimant que la logique de la guerre risque de nous éloigner chaque jour des objectifs fixés par les Nations unies" .
Le 21 janvier 1991,12 membres de l’ambassade d’Irak à Paris sont priés de quitter la France.
Le 1er février 1991, la France autorise le survol de son territoire par des bombardiers américains B-52 basés en Grande-Bretagne, à condition que ces appareils ne transportent que des armes conventionnelles et n’attaquent pas des objectifs civils.
Le 6 février 1991, l’Irak annonce la rupture de ses relations diplomatiques avec les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, l’Egypte et l’Arabie Saoudite.
Le 7 février 1991, le président Mitterrand exclut l’utilisation par la France d’armes chimiques, bactériologiques ou nucléaires.
Le 10 février 1991, l’Irak rejette tout cessez-le-feu et insiste sur un "règlement arabe" du conflit.
Dans la nuit du 12 au 13 février, un bombardement allié sur un abri de Bagdad fait plusieurs centaines de victimes dont de nombreux civils.
Le 15 février 1991, l’Irak annonce accepter un retrait conditionnel du Koweït, dont l’émir du Koweït rejette les conditions.
Le 24 février 1991, 1er jour des opérations terrestres, la division Daguet entre dans l’Irak sans combat, capturant un millier de prisonniers. Le président Mitterrand rappelle que le seul objectif de cette guerre est "la libération du Koweit".
Le 28 février, les combats cessent.
Le 3 mars 1991, les commandements alliés et irakien signent à Safwan (Irak) un accord de cessez-le-feu temporaire, en présence d’observateurs français et britanniques.
Le 8 mars 1991, 38 journalistes, dont 17 Français, détenus par l’Irak depuis une semaine à Bassorah sont libérés.
Le 10 mars 1991, l’opposition irakienne (le Comité à l’action commune) demande l’aide "matérielle et morale" des cinq pays membres du conseil de sécurité de l’ONU, et de plusieurs autres pays, notamment ceux frontaliers de l’Irak.
Le 22 mars 1991, le président Saddam Hussein charge Taha Yassine Ramadan, nouveau vice-président de la république, de la formation d’un nouveau gouvernement chargé de "reconstruire" le pays dont la situation économique, alimentaire et sanitaire est inquiétante : la distribution de nourriture, d’eau potable et d’électricité est désorganisée.


3. De Provide Comfort à … Pétrole contre nourriture


Le 3 avril 1991, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 687, fixant un cessez-le-feu définitif demandant à l’Irak de neutraliser ses armes biologiques et chimiques. Cette résolution crée la Commission spéciale des Nations Unies, chargée d’inspecter les sites irakiens de production chimique, biologique et balistique.
Le 5 avril 1991, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 688, condamnant la répression des populations kurdes dans le nord de l’Irak et demandant à l’Irak de faciliter l’accès immédiat des organisations humanitaires internationales à tous ceux qui ont besoin d’assistance dans toutes les parties de l’Irak. Le président américain, G. Bush, sous la pression de la Turquie, de la France, de la Grande-Bretagne et de la presse américaine, lance l’opération "Provide Comfort" pour apporter une aide humanitaire aux réfugiés kurdes irakiens. A partir du 7 avril 1991, des vivres et des tentes sont parachutés au-dessus du Kurdistan irakien par des avions américains, britanniques et français.
Le 20 avril 1991, trois journalistes de la chaîne de télévision Antenne 2, arrêtés le 9 avril dans la région de Nassiriya (au sud de Bagdad), sont libérés.
Le 20 mai 1991, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 692, créant un fonds d’indemnisation pour les victimes de l’occupation du Koweït.
Le 9 juin 1991, des experts de la commission spéciale de l’ONU pour le contrôle des industries chimique et nucléaire visitent l’Irak.
Le 14 septembre 1991, Saddam Hussein est réélu à la tête du parti Baas.
Le 11 octobre 1991, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 715, instaurant des mesures de précaution autour de l’armement nucléaire irakien.
Le 20 décembre, l’ONU décide de maintenir l’embargo total contre l’Irak, en vigueur depuis le 2 août 1990. Elle prorogera régulièrement cette décision.

Le 26 août 1992, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 773, relative à la démarcation de la frontière entre l ’Irak et le Koweït.
Le 2 octobre 1992, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 778, renforçant les mesures de rétorsion économique contre l’Irak.
Le 17 janvier 1993, les navires américains bombardent le complexe industriel al-Zaafaniya, soupçonné d’être un site nucléaire.
Le 27 mai 1993, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 833, exigeant de l’Irak et du Koweït qu’ils respectent l’inviolabilité de la frontière qui les sépare.
Du 2 au 4 juillet 1993, le sous-secrétaire d’Etat irakien aux affaires étrangères, Riyadh al-Qayssi, effectue une visite privée en France.
Le 11 juillet 1994, le vice-ministre irakien des affaires étrangères, Ryad Al-Qayssi, conduit une nouvelle visite en France.
Les 19 et 20 septembre 1994, le général Jeannou Lacaze, élu au Parlement européen, rencontre le président Saddam Hussein.
Le 27 septembre 1994, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, rencontre son homologue irakien, Tarek Aziz, à New-York.
Le 10 novembre 1994, le Parlement irakien et le Conseil de commandement de la révolution, présidé par Saddam Hussein, reconnaissent l’indépendance du Koweït dans les frontières telles qu’elles ont été délimitées par l’ONU par la résolution 833. Le nouveau tracé, dénoncé comme une "injustice " par les Irakiens, déplace de 600 mètres en faveur du Koweït la partie orientale de la frontière, redonnant à l’émirat sept puits de pétrole du champ de Ratqa et réduit une partie de la facade maritime irakienne.

Le 27 novembre 1994, le président Saddam Hussein prend en charge personnellement la politique étrangère de l’Irak, à la place de Tarek Aziz.
Le 18 décembre 1994, le sous-secrétaire irakien des affaires étrangères, Riyad Al-Qayssi, effectue une visite privée en France.
Le 6 janvier 1995, lors de la visite de Tarek Aziz, vice-premier ministre irakien, l’ouverture d’une section d’intérêts français à Bagdad est annoncée. L’ouverture effective a lieu le 1er mars 1995.
Du 12 au 16 mars 1995, le ministre irakien des transports et des communications, Ahmad Murtadha Ahmad Khalil est en visite en France.


4 . De pétrole contre nourriture à la résolution 1441


Le 14 avril 1995, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 986, qui permet à la communauté internationale de commercer avec l’Irak sous certaines conditions. C’est la résolution " Pétrole contre nourriture " qui permet à l’Irak, pour des raisons humanitaires, de procéder à des ventes limitées de pétrole lui permettant d’acquérir des produits de première nécessité. Elle sera prorogée tous les 6 mois.
Le 7 juillet 1995, Riyad al-Qaissy effectue sa 4e visite en France, en tant que vice-ministre irakien des affaires étrangères.
Le 10 août 1995, les gendres du président irakien Saddam Hussein, le général Hussein Kamel Hassan, ministre de l’industrie et des mines et chef de la commission militaire d’industrialisation, et Izzedine Mohamed Hassan, lieutenant-colonel commandant la garde du chef de l’Etat, se réfugient en Jordanie.
Le 15 octobre 1995, à l’issue d’un référendum-plébiscite sur le mandat présidentiel, Saddam Hussein obtient 99,96 % des suffrages.
Les 7 et 8 décembre 1995, le ministre irakien des affaires étrangères, Muhammad Said Kadhim Al-Sahhaf, séjourne en France.
Les 18 et 20 décembre 1995, le Vice-Premier ministre irakien, Tarek Aziz, effectue une visite en France.

Du 15 au 22 janvier 1996, une délégation parlementaire française conduite par l’ancien ministre des affaires étrangères, Jean-Bernard Raimond, se rend en Irak.
Du 23 au 28 février 1996, le ministre irakien de l’agriculture, Abdel Ilah Hamid Mohammad Saleh, effectue une visite en France.
Le 24 mars 1996, les premières élections législatives depuis la guerre du Golfe ont lieu en Irak.
Le 27 mars 1996, l’Onu adopte larésolution 1051, qui approuve les modalités et les principes généraux du mécanisme de contrôle des exportations et des importations dans le plan de contrôle à long terme.
Du 15 au 17 avril 1996, une délégation économique française conduite par l’ancien chef d’état-major des armées, le général Jeannou Lacaze, se rend en Irak.
Du 8 au 11 juin 1996, le ministre irakien du pétrole, le général Amer Rachid, effectue une visite en France.
Le 12 juin 1996, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 1060 qui exige de l’Irak qu’il coopère pleinement avec l’UNSCOM.
Le 31 août 1996, l’armée irakienne pénètre dans la partie occidentale du Kurdistan, placée depuis 1991 sous contrôle international, à l’appel du parti démocratique du Kurdistan.
Le 3 septembre 1996, suite à l’incursion au Kurdistan, les Etats-Unis déclenchent les frappes aériennes contre des objectifs militaires irakiens.
Le 19 septembre 1996, le vice-ministre irakien des Affaires étrangères, Riyad Al-Qaysi, effectue une visite en France.
Les 13 et 14 janvier 1997, le vice-Premier ministre irakien, Tarek Aziz, effectue une visite en France.
Le 6 février 1997, l’ONU autorise la France à exporter 100 000 tonnes de blé vers l’Irak.
Le 21 juin 1997, le Conseil de sécurité des Nations Unies condamne dans la résolution 1115 le refus répété des autorités irakiennes d’autoriser l’accès de l’UNSCOM aux sites qu’elle désigne.
Le 23 juin 1997, le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, et le premier vice-Premier ministre irakien, Tarek Aziz, ont un entretien à New-York.
Le 13 novembre 1997, six Américains, membres de l’UNSCOM sont expulsés d’Irak. En riposte, les Etats-Unis envoient un porte-avion dans le Golfe.
Du 10 au 14 novembre 1997, le vice-Premier ministre irakien, Tarek Aziz, effectue une visite en France.
Le 20 novembre 1997, grâce à la médiation russe, l’Irak accepte le retour des inspecteurs de l’UNSCOM.
Du 16 au 20 décembre 1997, le ministre irakien de la Santé, Umaid Midhat Moubarak, effectue une visite en France.
Le 13 janvier 1998, Bagdad interdit l’accès de ses sites stratégiques à une équipe de l’UNSCOM.
Le 5 février 1997, les Etats-Unis dépêchent des troupes dans le Golfe, les efforts diplomatiques ne produisant aucun résultat.
Le 13 février, Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, dépêche une mission à Bagdad chargée de faire le relevé des sites présidentiels.
Les 16 et 17 février 1998, le ministre irakien des Affaires étrangères, Muhammad Said Kadhim Al-Sahhaf, effectue une visite en France.

Le 20 février 1998, le Conseil de sécurité des Nations unies vote la résolution 1153, qui prolonge la résolution 986 dite " pétrole contre nourriture " en permettant à l’Irak d’exporter tous les 6 mois l’équivalent de 5,2 milliards de dollars de pétrole.
Le 2 mars 1998, le Conseil de sécurité des Nations unies vote la résolution 1154, qui fait sien le texte signé le 23 février 1998, par Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, et Tarek Aziz, vice-premier-ministre irakien et garantissant l’accès des inspecteurs aux sites présidentiels. Les Etats-Unis se réservent le droit unilatéral de frapper l’Irak en cas de non respect des engagements irakiens.
Le 25 mars 1998, le Conseil de sécurité des Nations unies vote la résolution 1158, fixant le volume des exportations de pétrole irakien.
Le 26 mars 1998, l’UNSCOM mène ses premières inspections sur les sites présidentiels.
Du 11 au 16 mai 1998, le vice-Premier ministre irakien, Tarek Aziz, effectue une visite en France.
Le 19 juin 1998, la résolution 1175 fixe de nouvelles modalités d’application du programme " pétrole contre nourriture ".
Du 25 au 26 septembre 1998, le vice-Premier ministre irakien, Tarek Aziz, effectue une visite en France.
Les 26 et 27 octobre 1998, le ministre irakien du Commerce, Muhammad Mahdi Saleh, effectue une visite en France.
Le 31 octobre 1998, l’Irak décide de rompre totalement la coopération avec l’Unscom, affirmant qu’il n’a plus aucun espoir de voir l’ONU recommander une levée des sanctions.
Le 5 novembre 1998, le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte la résolution 1205, exigeant que l’Irak reprenne sa coopération avec l’UNSCOM. 
Le 14 novembre 1998, les inspecteurs de l’Unscom reprennent leurs travaux.
Le 16 décembre 1998, alors que le Conseil de sécurité des Nations unies étudie les rapports remis par M. Richard Butler, le président australien de la Commission spéciale des nations unies (Unscom), et par l’Agence internationale de l’Énergie atomique (AIEA), l’opération Renard du désert, menée par les Etats-Unis et le Royaume Uni pour contraindre l’Irak à coopérer avec l’UNSCOM, commence.
Le 19 décembre 1998, William Clinton annonce la fin de l’opération " Renard du désert ".
Le 31 mai 1999, le vice-ministre irakien des Affaires étrangères, Riyad Al-Qaissy, effectue une visite en France.
Le 4 octobre 1999, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 1266 qui autorise l’Irak à exporter 3 milliards de dollars supplémentaires de pétrole jusqu’à la fin de la sixième phase, soit novembre 1999. L’Irak est donc autorisé pour la période juin à novembre 1999 à exporter plus de 8 milliards de dollars de pétrole.
Du 31 octobre au 8 novembre 1999, le ministre irakien de la Culture et de l’Information, Humam Abdulkhaleq Abdulghafour, effectue une visite en France.

Le 19 novembre 1999, le Conseil de sécurité adopte la résolution 1275 qui reconduit pour 15 jours seulement le programme " pétrole contre nourriture ", le but étant de parvenir à un accord entre ses membres sur les modalités d’une suspension des sanctions imposées à l’Irak.
Le 10 décembre 1999, le Conseil de sécurité adopte la résolution 1281, faute d’être parvenu à un accord sur la levée des sanctions et reconduit pour une période de six mois le programme " pétrole contre nourriture ", le limitant à 5, 26 milliards de dollars la vente de pétrole irakien par semestre.
Le 17 décembre 1999, le Conseil de sécurité adopte larésolution 1284 qui prévoit l’instauration d’un nouveau régime d’inspection de l’industrie d’armement en Irak, en échange de la suspension des sanctions pour une période de 120 jours renouvelable. La Commission de surveillance, de vérification et d’inspection des Nations unies (Unmovic) doit remplacer l’Unscom. La France, la Chine et la Russie s’abstiennent. La France considère que le désarmement de l’Irak doit entraîner une levée et non une suspension des sanctions. La Russie considère la résolution que la viabilité de la résolution passe par l’arrêt des bombardements américains et britanniques. La Chine met également en garde les deux pays " contre le recours arbitraire à la force ". L’Irak rejette la résolution. Les frappes aériennes se poursuivent.

Le 26 janvier 2000, Hans Blix est nommé président de la Commission de surveillance, de vérification et d’inspection des Nations unies (Cocovinu).
Le 31 mars 2000, le Conseil de sécurité de l’ONU, par la résolution 1293, porte à 600 millions de dollars par semestre la somme allouée à l’Irak pour acheter du matériel afin de rétablir ses infrastructures pétrolières.
Du 16 au 19 mai 2000, le président du parlement irakien, Saadoun Hammadi, effectue une visite en France.
Le 16 février 2001, les aviations américaine et britannique attaquent cinq bases de missiles sol-air SAM et de batteries anti-aériennes irakiennes, situées au sud de Bagdad et hors des deux zones d’exclusion aériennes au nord du 26e parallèle et au sud du 23e.
Du 19 au 22 février 2001, le vice-ministre irakien des Affaires étrangères, Nizar Hamdoun, effectue une visite en France.
Le 1er juin 2001, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 1352 qui envisage un allégement substantiel des sanctions civiles et une redéfinition des contrôles, pendant un mois.
Le 21 juin 2001, le conseil d’administration de la commission d’indemnisation des Nations unies, réuni à Genève, approuve le versement de 842 millions de dollars pour préjudices subis par des particuliers, des sociétés privées et des gouvernements, du fait des suites de l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990. Au total, la commission a approuvé plus de 45,4 milliards de dollars d’indemnisation.
Le 3 juillet 2001, le programme " Pétrole contre nourriture " est prorogé. Le projet de " sanctions intelligentes " proposé par le Royaume-Uni est abandonné.
En janvier 2002, à l’invitation de l’Irak, un expert des droits humains visite le pays.
Le 29 janvier 2002, lors du discours sur l’état de l’Union, le président américain présente l’Irak, l’Iran et la Corée du nord comme les 3 parties d’un " axe du mal ".
Le 8 avril 2002, l’Irak suspend ses exportations de pétrole pendant un mois pour protester contre l’offensive israélienne dans les territoires palestiniens.
Le 14 mai 2002, le Conseil de sécurité adopte la résolution 1409, qui prolonge le programme " pétrole contre nourriture " pour 6 mois et met en place un système renforcé de contrôle des produits pouvant avoir une utilisation militaire sous l’égide de la Cocovinu et de l’AIEA.
Le 1er juillet 2002, le ministre irakien du Commerce, Mohamed Mehdi Saleh, effectue une visite en France.
Le 12 septembre 2002, devant l’Assemblée générale de l’ONU, le président Bush met en demeure président Saddam Hussein de " retirer ou détruire immédiatement et sans conditions toutes ses armes de destruction massive " et appelle l’ONU à formuler une nouvelle résolution afin d’obtenir le désarmement de l’Irak.
Le 17 septembre 2002, l’Irak annonce qu’il accepte un retour inconditionnel des experts en désarmement des Nations unies.
Le 11 octobre 2002, le Congrès américain autorise le recours unilatéral à la force contre l’Irak.
Le 16 octobre 2002, le président Saddam Hussein est réélu pour sept ans, avec un taux de participation de 100 % et 100 % des voix lors d’un référendum présidentiel.


5. La seconde guerre du Golfe


Le 8 novembre 2002, le Conseil de sécurité adopte la résolution 1441, qui ordonne à l’Irak de mettre fin à tous ses programmes d’armes de destruction massive, sous peine d’un recours à la force.
Le 25 novembre 2002, les premiers inspecteurs de la Cocovinu et de l’AIEA arrivent à Bagdad.
Le 4 décembre 2002, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 1447 qui renouvelle pour six mois le programme " Pétrole contre nourriture ".
Le 7 décembre 2002, l’Irak remet aux inspecteurs de l’ONU une déclaration sur ses programmes d’armement, conformément à la résolution 1441. Le président irakien présente pour la première fois ses excuses au peuple koweïtien pour l’invasion et l’occupation de l’émirat en 1990-1991. Ces excuses sont rejetées par le Koweït.
Le 30 décembre 2002, le Conseil de sécurité de l’ONU vote la résolution 1454 qui étend la liste des biens dont l’importation est interdite en Irak, renforçant ainsi le régime de sanctions.
Le 14 février 2003, lors d’une séance publique du Conseil de sécurité des Nations unies, Hans Blix et Mohamed El Baradei, directeur de l’AIEA, présentent leur rapport sur l’Irak. Dominique de Villepin, ministre français des Affaires étrangères, suggère aux Nations Unies de " donner la priorité au désarmement dans la paix " et se prononce en faveur de la poursuite des inspections.
Le 15 février 2003, plus de 100 000 personnes manifestent en France contre la guerre.
Le 7 mars 2003, lors d’une nouvelle réunion du Conseil de sécurité sur l’Irak, Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, s’oppose à nouveau à une intervention armée et rappelle que devant la multiplicité et la complexité des menaces, il n’y a pas de réponse unique, mais une seule exigence, l’union de la communauté internationale.
Le 17 mars 2003, le président américain, George Bush, lance un ultimatum au président irakien, l’exhortant à quitter l’Irak, avec ses fils, dans les 48 heures.
Le 20 mars 2003, l’intervention militaire américano-britannique contre l’Irak commence, suite au rejet de l’ultimatum américain par le régime irakien. Les forces américano-britanniques pénètrent en Irak depuis le Koweït.
Le 28 mars 2003, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 1472, permettant la reprise du programme " pétrole contre nourriture ".
Le 5 avril 2004, les forces américaines entrent à Bagdad.
Le 16 avril 2004, le président américain, George Bush, demande la levée des sanctions contre l’Irak.
Le 1er mai 2003, le président américain, George Bush, annonce la fin de l’intervention militaire alliée en Irak.
Le 2 mai, Paul Bremer, diplomate américain, est nommé administrateur civil de l’Irak.
Le 13 juillet 2003, un Conseil de gouvernement transitoire, composé de 25 membres (13 Chiites, 5 Kurdes sunnites, 5 Arabes sunnites, un Chrétien et une représentante turkmène), est formé et se réunit le jour même.
Le 10 septembre 2003, Aqila Al-Hashemi, membre du conseil de gouvernement transitoire irakien, rencontre le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, à Paris.
Le 2 octobre, le Groupe d’inspection en Irak affirme qu’aucune arme de destruction massive n’a été trouvée en Irak.
Le 13 décembre 2003, Saddam Hussein est arrêté près de Tikrit.
Les 15 et 16 décembre 2003, une délégation du Conseil de gouvernement transitoire irakien conduite par le président en exercice, Abdel Aziz Hakim, effectue une visite en France et s’entretient de la situation en Irak avec le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin.
Le 25 février 2004, le ministre irakien du Commerce, Ali Abdel-Amir Allaoui, s’entretient à Paris avec le ministre français délégué au Commerce extérieur, François Loos.
Le 2 juin 2004, le Conseil transitoire de gouvernement irakien nomme Ghazi Al-Yaouar président et Iyad Allaoui Premier ministre. Hochyar Zebari demeure ministre des Affaires étrangères.
Le 8 juin 2004, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 1546 approuvant la formation d’un gouvernement intérimaire souverain en Irak assumant pleinement le pouvoir.
Le 22 juin 2004, en marge d’une visite privée en France, le ministre irakien des Finances, Adel Abdel Mehdi rencontre le ministre d’Etat français, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, Nicolas Sarkozy, et le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères.


6. Un Irak souverain


Le 28 juin 2004, Paul Bremer, administrateur civil américain, transfère le pouvoir au gouvernement intérimaire irakien et quitte aussitôt l’Irak. Les Etats-Unis et l’Irak rétablissent leurs relations diplomatiques.John Negroponte est nommé ambassadeurà Bagdad.
Le 29 juin 2004, l’Irak et le Koweït reprennent leurs relations diplomatiques, rompues en 1990.
Le 1er juillet 2004, Saddam Hussein comparaît devant le Tribunal spécial chargé de le juger.
Le 12 juillet 2004, la France et l’Irak annoncent dans un communiqué conjoint qu’ils reprennent leurs relations diplomatiques.

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