Les cinq chefs de délégation ont rappelé les engagements de la déclaration de Moscou de novembre 2008 ainsi que de la déclaration du conseil ministériel de l’OSCE d’Helsinki de décembre 2008. Ils ont noté la dynamique positive des discussions, démontrée par les six rencontres entre les présidents d’Arménie et d’Azerbaïdjan cette année.
LireLe Haut Karabagh, conquis par les Russes sur la Perse en 1805, a été attribué à l’Azerbaïdjan dans le cadre des compromis russo-turcs de 1921. Ce territoire s’étend sur 4.400 km² et compterait 150.000 habitants (76% d’Arméniens en 1989).
Le conflit du Haut-Karabagh a fait près de 20 000 victimes depuis le début de la revendication indépendantiste en 1987. Un accord de cessez-le-feu négocié le 12 mai 1994, a gelé une situation militaire favorable aux Arméniens qui occupent entre 15 et 20 % du territoire de l’Azerbaïdjan (le Haut-Karabagh proprement dit et les districts azerbaïdjanais environnants considérés comme un « glacis protecteur »). Bakou a accueilli, depuis 1992, entre 500 000 et 800 000 réfugiés et personnes déplacées et Erevan à peu près 200 000.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer les répercussions internationales de ce conflit :
l’implication des puissances régionales (Russie, Turquie, Iran) ;
la « caisse de résonance » constituée par les « diasporas » notamment en Russie, aux Etats-Unis et en France, qui se sont employées à mobiliser les relais d’opinion ;
la menace directe qu’a paru faire peser le conflit sur les perspectives pétrolières en compromettant la sécurité des investissements (le front se trouve par endroits à 30 km de l’oléoduc Bakou Tbilissi Ceyhan).
A l’origine de la création du Groupe de Minsk (GDM) (chargé sous l’égide de l’OSCE de fournir un cadre aux négociations) dès 1992, la France a été désignée, en 1997, aux côtés des Etats-Unis et de la Russie pour en assurer la co-Présidence. Les négociations ont connu plusieurs temps forts depuis 10 ans, notamment les entretiens de Paris et Key West en 2001, pendant lesquels les Présidents Aliev et Kotcharian ont accepté d’examiner un projet global de règlement , qu’ils insistaient pour voir gardé confidentiel. Les discussions restent cependant soumises aux aléas politiques (attentat au parlement d’Erevan en octobre 1999, élections dans les deux pays) et à la difficulté pour les deux parties d’accepter les concessions nécessaires.
Le processus de rencontres régulières des co-présidents du GDM avec les Ministres des Affaires étrangères et les présidents des deux pays , redynamisé en 2005, a permis de dessiner les contours d’un futur cadre de règlement politique du conflit du Haut Karabagh. Les rencontres entre les présidents arménien et azerbaïdjanais, sous l’égide des co-présidents du groupe de Minsk (Varsovie, 15 mai 2005 ; Kazan, 26 août 2005) ont permis de confirmer ces avancées et laissaient espérer une fenêtre d’opportunité pour la conclusion d’un accord de principe au premier semestre 2006, malgré certaines tensions sur le terrain. Le sommet de Rambouillet les 10 et 11 février 2006 et de Bucarest (4 et 5 juin 2006) n’ont pas confirmé ces attentes, chacun des chefs d’Etat hésitant, face à son opinion publique, à faire les compromis nécessaires.
Mise à jour : 25.09.06