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Criminalité organisée

Conférence sur la sécurité en Somalie : intervention de la France (Bruxelles, 23 avril 2009)

A l’issue d’une conférence des donateurs organisée à Bruxelles le 23 avril 2009, la communauté internationale s’est engagée à verser environ 250 millions de dollars afin d’aider la Somalie à renforcer la sécurité sur son sol et au large de ses côtes. Dans le cadre de cette conférence sur la sécurité en Somalie, Eric Chevallier, conseiller spécial de Bernard Kouchner, explique "le rôle pionnier de la France dans la mobilisation internationale actuelle pour lutter contre le fléau de la piraterie".

INTERVENTION DE LA FRANCE

"Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur le Président de la Commission de l’Union africaine et Monsieur le Secrétaire général Haut Représentant, mesdames messieurs, notre Ministre des Affaires Etrangères et Européennes, Bernard Kouchner, souhaitait de tout cœur être présent aujourd’hui mais il n’a pu se joindre à vous pour des raisons personnelles douloureuses. Il m’a demandé, en tant que conseiller spécial du Ministre, de le représenter et de représenter la France aujourd’hui à cette conférence cruciale pour l’avenir de la Somalie.

Nous partageons tous la conviction que la stabilité politique et sécuritaire en Somalie est un enjeu majeur à la fois pour les populations somaliennes, pour les pays de la région mais aussi bien au-delà.

A ce titre, on ne peut que se réjouir de la présence de nombreuses délégations représentées à haut niveau et venant de plusieurs continents, y compris des Etats de la région.

La réunion d’aujourd’hui est, à raison, centrée sur la sécurité. C’est, nous le savons tous, le défi central. La France remercie le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, et son représentant spécial en Somalie, Ahmedou Ould Abdallah, pour cette initiative. Je reviendrai dans un instant pour indiquer la contribution française dans ce domaine.

Mais la sécurité n’est pas la seule réponse. N’oublions pas la crise humanitaire, qui touche près de la moitié de la population somalienne, crise qui a conduit la France à tripler en 2008 son aide, pour atteindre 6 millions d’euros. Nous renforcerons encore notre effort en 2009.

N’oublions pas aussi non plus l’importance de la nouvelle dynamique politique et notamment l’indispensable réconciliation somalienne menée par le président Sheikh Sharif Sheikh Ahmad avec le soutien du représentant des Nations unies. Comme vient de le dire avec force M. Ban Ki Moon les risques de ne pas soutenir les nouvelles autorités somaliennes sont bien trop grands. Monsieur le président, vous avez tout le soutien de la France dans cette démarche et nous comptons sur votre esprit d’ouverture et de responsabilité pour que cette dynamique politique soit garante des valeurs universelles, et respectueuse des droits de l’Homme, y compris les droits des femmes.

J’en reviens au sujet majeur d’aujourd’hui, celui de la sécurité.

a) Tout d’abord, vous le savez, la France a joué un rôle pionnier dans la mobilisation internationale actuelle pour lutter contre le fléau de la piraterie. Nous avons, avec d’autres bien sûr, joué un rôle actif dans la sécurisation des bateaux du PAM pour l’acheminement de l’aide humanitaire et dans le lancement de l’opération européenne Atalante, ainsi qu’au Conseil de Sécurité des Nations unies. La Marine Française déploie actuellement jusqu’a trois bâtiments militaires et deux avions de patrouille maritime au large de la Somalie et dans le Golfe d’Aden. Nous entendons maintenir cet effort humain, matériel et financier.

b) Toute la communauté internationale rejoint votre préoccupation, Monsieur le Président, et la vôtre, Monsieur le Secrétaire général des Nations unies, de l’urgence d’un rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire somalien.

Depuis 2007, l’Amisom accomplit un travail essentiel de stabilisation de la capitale somalienne. Ses forces ont payé un lourd tribut. 41 soldats ougandais et burundais y ont laissé leur vie. Nous avons soutenu l’Amisom dès le début en formant plus de 5000 soldats ougandais et burundais, pour un effort financier de près de 3 millions d’euros sur trois ans. Nous continuons à soutenir l’AMISOM : nous avons envoyé récemment 40 officiers français pour former un nouveau bataillon ougandais.

Mais nous devons sans doute réfléchir au futur rôle de l’AMISOM au regard des évolutions dans le pays.

Nous savons bien que la priorité, votre priorité, Monsieur le président, va à la mise en place d’institutions somaliennes de sécurité, afin de permettre au gouvernement somalien d’assumer ses fonctions régaliennes. Nous souhaitons que la communauté internationale, notamment le Conseil de sécurité des Nations unies et l’Union africaine, tienne le plus grand compte de cette nouvelle réalité dans la définition de sa stratégie pour la Somalie.

Nous avons décidé d’apporter un soutien direct aux institutions de sécurité somaliennes. Très concrètement, la France est en mesure d’annoncer la formation de 500 hommes de la force de sécurité somalienne pour un coût d’un million et demi d’euros. Les premiers officiers pourront être formés dès les prochaines semaines à Djibouti, en étroite coopération avec les autorités de ce pays, et, dès septembre, sera menée la formation pour l’ensemble du bataillon. Ainsi, à l’automne, vous disposerez, Monsieur le Président, d’un bataillon de 500 hommes formés pour contribuer à la sécurité dans votre pays.

Enfin, en tant qu’Etat membre de l’Union Européenne et donc Etat contributeur, nous nous félicitons de l’annonce par le Commissaire Louis Michel de contributions de la Commission européenne, notamment pour soutenir les institutions somaliennes de sécurité et l’AMISOM. 

Je vous remercie."

- Lire le communiqué de Bernard Kouchner (24 avril 2009)

"Je me réjouis tout particulièrement de l’annonce de promesses de contributions d’un montant total de 213 millions de dollars pour les forces de sécurité et de police somaliennes ainsi qu’à l’AMISOM. Il s’agit d’une étape importante dans le processus de consolidation de la sécurité en Somalie.

La France partage avec ses partenaires de la communauté internationale la conviction que la stabilité politique et sécuritaire en Somalie est un enjeu majeur pour les populations somaliennes comme pour les pays de la région. Je me félicite à cet égard de l’annonce, par le Commissaire Louis Michel, de contributions de la Commission européenne à hauteur de 60 millions pour le soutien à l’AMISOM (en sus de la réserve potentielle de 20 millions) et 12 millions pour la police somalienne."


- Lire la tribune de Bernard Kouchner dans le quotidien "Le Figaro" (Paris, 22 avril 2009) : Piraterie : pourquoi la France aide la Somalie

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