Biographie
Neuilly-sur-Seine, 1921
Ce documentariste atypique a parcouru tous les mondes visibles, les enrichissant d’un regard singulier, qui ne sépare jamais l’essentiel de l’insolite, et d’une immense culture de lettré désinvolte. Il a toujours associé sa démarche de poète nourri du verbe léger et précis de Jean Giraudoux à une attitude ferme d’intellectuel engagé dans les débats de l’après-guerre. Le ton Marker, dont la dimension ludique - ce « montage horizontal » comme l’a appelé André Bazin, qui associe les jeux de mots aux jeux d’images - ne doit pas masquer l’évidente gravité du propos, est inimitable.
C’est Bazin encore qui le souligne à propos du seul long métrage de Marker qu’il ait vu avant sa mort, Lettre de Sibérie, la matière première de ce cinéma, c’est l’intelligence, dont l’expression immédiate est la parole. Le texte fait vivre l’image, lui donne son sens : Marker en établit lui-même la preuve dans la célèbre scène de Lettre de Sibérie où le même plan saisi dans une rue d’Irkoutsk est projeté trois fois avec trois commentaires différents.
Filmographie
Dimanche à Pékin
1956
Lettre de Sibérie
1958
Description d’un combat
1961
La Jetée
1962
Le Joli mai
1963
Le Mystère Koumiko
1965
Si j’avais quatre dromadaires
1966
À bientôt j’espère
1969
La Bataille des dix millions
1971
Le Train en marche
1973
Le Fond de l’air est rouge
1977
Soleil noir
1982
A.K.
1985
Le Tombeau d’Alexandre
1993
Level Five
1996
Andreï Tarkovski
2000
Chats perchés
2004
Bibliographie
Le texte de plusieurs films de Chris Marker a été publié dans deux volumes parus aux Ed. du Seuil : Commentaires, 1961, et Commentaires 2, 1967
Le Fond de l’air est rouge a été publié aux Ed. François Maspero (coll. Voix), en 1978
