Biographie
Luzarches, 1901/Antibes, 2000
Jeune plasticien, né dans une famille d’artistes, il découvre le cinéma dès 1919, décorateur pour Marcel L’Herbier. Dans les années vingt, il tourne des courts métrages expérimentaux ; au début du parlant, il travaille à Hollywood sur les versions françaises de films américains, puis tâtonne dans la jungle du cinéma français à la recherche d’une carrière personnelle.
C’est seulement pendant l’Occupation qu’il parvient à s’imposer, avec trois films unissant une écriture de calligraphe et un regard de moraliste féroce porté sur la bourgeoisie du dix-neuvième siècle finissant. Cette causticité qui s’inscrit dans un courant anarchisant (anticlérical, antimilitariste) nourrit ses meilleurs films entre 1947 et 1960. Autant-Lara est alors un cinéaste engagé, un syndicaliste qui milite pour la défense du cinéma français menacé par « l’impérialisme de Hollywood », et s’insurge contre toutes les formes de censure. En 1954, il est, avec ses scénaristes Jean Aurenche et Pierre Bost, la cible principale du jeune François Truffaut qui voit en eux les archétypes du « cinéma de la Qualité ».
Il n’en est pas moins actif jusqu’en 1977, puis publie des volumes de souvenirs polémiques, réglant de vieux comptes avec les milieux du cinéma. À la fin des années quatre-vingt, il esquisse une carrière politique en se faisant élire au Parlement européen sur une liste d’extrême-droite.
Filmographie
Ciboulette
1933
Le Mariage de chiffon
1942
Lettres d’amour
1942
Douce
1943
Le Diable au corps
1947
L’Auberge rouge
1951
Le Bon Dieu sans confession
1953
Le Rouge et le noir
1954
La Traversée de Paris
1956
En cas de malheur
1958
Tu ne tueras point
1960
Le Bois des Amants
1960
Le Meurtrier
1963
Le Journal d’une femme en blanc
1965
Le plus vieux métier du monde
1967
Le Franciscain de Bourges
1967
Les Patates
1969
Bibliographie
Freddy Buache, « Claude Autant-Lara »
Éd. L’AÂge d’Homme, 1982

