France-Diplomatie
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Les Carnets d’archéologie

Campagne de fouilles 2009

Secteur 3. Le secteur 3 est un îlot d’habitat domestique visible en surface et reconnaissable en tant que tel sur les photographies aériennes.

Il a été divisé en 2 parties, qui semblent être séparées par un mur mitoyen. Dans le secteur 3A, à l’Est, nous avons procédé à une série de sondages stratigraphiques, qui ont permis de reconnaître trois principales phases d’occupations. Les deux niveaux les plus proches de la surface sont vraisemblablement d’époque omeyyade, tandis que la plus ancienne peut être rattachée à la période byzantine. Les murs sont construits sur un solin de pierres de basaltes ou de gypse de tout venant, et les élévations en briques crues. Des traces de vie domestique, comme un tannur et un four de petite métallurgie ont été retrouvés dans les niveaux supérieurs.

À l’inverse, le secteur 3B, à l’Ouest, a été dégagé dans la phase d’occupation supérieure, afin d’en reconnaître un plan cohérent. Les pièces s’organisent deux par deux, et semblent ainsi définir de petites unités d’habitation qui ne communiquent pas entre elles à ce niveau, de deux pièces chacune.

Secteur 6. Il s’agit d’un habitat installé sur l’espace, qui avait semblé découvert à Jean Lauffray et que celui-ci avait baptisé « forum ».

La campagne de fouilles 2009 sur le secteur 6 a débuté par la reprise des recherches menées dans les carrés A1 et A2 ouverts en 2007 et 2008. Les campagnes précédentes avaient pu ainsi révéler, grâce à des sondages, qu’il n’en était rien, au moins pour la zone située juste en dessous de l’église nord-ouest. Au cours de la campagne 2009, quatre nouveaux carrés de 5 m de côté ont été ouverts, en progressant vers l’Est (A3, A4, A5, A6).

Nous avons pu mettre en évidence l’existence d’au moins trois phases dans ce secteur comme dans le secteur 3, qui semblent toutes appartenir à une période allant de la fin de l’époque byzantine à l’époque omeyyade. Là aussi, nous retrouvons des murs dont les premières assises sont en blocs non taillés, de basalte et de gypse pour la plupart, et l’élévation en brique. Une canalisation traverse le carré A2. Elle sera fouillée en 2010.

La fouille a révélé l’existence d’un grand bâtiment aux murs épais, et d’au moins 8,30 m sur 5,60 m. Sous celui-ci se trouve un autre bâtiment, moins imposant, dont les murs comportent quelques blocs de calcaire, matériau rarement utilisé (à la différence du gypse et du basalte qui affleurent sur le site), mais dont on trouve quelques gisements à une dizaine de kilomètres de Halabiya. Sous ces niveaux, un dallage de basalte, gypse et calcaire témoigne d’une époque encore antérieure. La chronologie absolue est délicate à établir : les céramiques de cette période peuvent indifféremment appartenir aux VI et au VIIème siècles. Quoi qu’il en soit, ces vestiges témoignent d’une occupation du secteur du « forum » restée insoupçonnée jusqu’à nos fouilles. L’usage de ces structures (public ou privé) reste à déterminer.

Secteur 7. Le secteur 7 est constitué par un important bâtiment public.

Nous avons commencé à explorer ce secteur en 2008, après un dégagement entrepris contre la porte nord, par la direction des Antiquités de Deir Ezzor au printemps 2007, de ce qui nous semblait être le prolongement de la voie et du stylobate de la colonnade du cardo après l’agrandissement de la ville, opéré par Justinien lors de ses grands travaux dans la ville et du démantèlement de l’ancien rempart.

De fait, en 2008, la fouille à l’Est du stylobate dégagé, avait révélé la présence d’un portique, qui communiquait avec deux pièces et un espace dallé de briques cuites. Nous avions alors interprété ces espaces comme autant de boutiques.

La reprise de la fouille dans ce secteur en 2009 a permis d’établir que nous avions en réalité affaire à un grand bâtiment indépendant, qui s’ouvrait sur le cardo par un portique, clos sur au mois trois côtés (nord, oust et sud - sa limite est n’a pu encore être retrouvée). Nous avons mis au jour dans le portique - dont nous avons poursuivi l’exploration vers le Sud - plusieurs fûts de colonnes et des fragments de chapiteaux, tous très érodés et probablement destinés à être cuits dans un four à chaux situé à proximité, contre le rempart est, tout contre la berge de l’Euphrate. On y pénètre depuis le portique, à l’Ouest, par un seuil, et par un autre qui est situé au Sud du bâtiment.

Ce bâtiment est, dans l’état actuel de nos connaissances, composé de deux pièces et d’une cour dallée centrale qui les sépare.

La pièce 2 a été détruite par un incendie ; le matériel, très rubéfié, nous fait même penser à la présence de fosses, puisque, outre de la céramique très tardive - quelques inclusions de matériel abbasside -, nous y trouvons de nombreux ossements carbonisés, principalement de mouton.

La cour est dallée de grandes briques plates d’environ 40 cm de côté. En fin de campagne, elle fait plus de 35 m2. À l’Est du secteur dégagé en 2009, dans la berme actuelle, apparaît un autre dallage, plus récent, qui correspondrait à un second état de la cour et du bâtiment.

De fait, nous avons également la trace de l’effondrement des murs latéraux, dont certains d’un seul tenant. Ces murs de briques étaient recouverts d’un enduit de jousse bien visible. Deux niveaux successifs d’enduit, puis de briques, effondrés à plat, viennent corroborer l’hypothèse selon laquelle ce bâtiment aurait connu deux états.

La pièce 1, la plus septentrionale, communique avec la cour par un seuil. Elle est munie de deux banquettes construites en fragments de briques posées à plat, l’une contre le seuil et l’autre contre le mur nord. En outre, le sol de cette pièce a également été percé d’une fosse, plus large et plus longue que celle de la cour ; elle était délimitée par des fragments de briques posés de champ et a sans doute été munie d’une fermeture de roseaux posés sur des petites poutres de bois. Les niveaux inférieurs de cette fosse révèlent aussi qu’elle avait été précédée de deux petits structures, délimitées par quelques blocs de basalte, qui contiennent de très nombreux fragments de verres à boire.

Nous interprétons désormais ce bâtiment comme étant un corps de garde, destiné à protéger l’entrée nord de la ville ou peut-être à servir d’octroi.

Mise à jour : 8.12.09

 

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