
Courte présentation du site et de l’objet de la fouille
Le site

Localisation du site
L’enjeu scientifique
Historique. A la suite des travaux de H. de Contenson, Tell Aswad est devenu, pour ses niveaux inférieurs, un site de référence en tant que seul site rattaché à l’Horizon PPNA (9500 à 8700 avant JC en dates calibrées) pour toute la zone intermédiaire qui sépare le Mureybétien (au nord) et le Sultanien (au sud), cultures bien documentées de cet horizon chronologique. Ainsi fut créée pour lui une troisième culture « l’Aswadien », Or depuis les années 70 cet Aswadien ne s’est enrichi d’aucun nouveau site et son existence même, depuis quelques années, commençait à poser un problème. C’est surtout à partir de l’examen technique des séries lithiques, mené par F. Abbès, que sont apparues des incohérences. La nécessité de reprendre le site pour un examen élargi est alors apparue comme incontournable.
L’intérêt de Tell Aswad ne se limite pas au seul problème de l’existence de l’Aswadien. Qu’en est-il du PPNB ancien du site (8700-8200 avant JC), également identifié lors des premières fouilles ? Existe-t-il vraiment lui aussi ? S’il existe, s’est-il élaboré sur place ou marque-t-il l’arrivée de migrants originaires de l’Euphrate ? Enfin le PPNB moyen (8200-7500 avant JC), reconnu dans toutes les couches supérieures du site, est très peu connu dans cette zone intermédiaire entre Sud et Nord du Levant. Appartient-il à une culture locale, originale ? Peut-on le rattacher plutôt aux cultures du Levant nord ? Ou à celles du Levant sud ? Telles étaient les principales questions que l’équipe qui a repris le site de Tell Aswad en 2001 se posait en arrivant devant cet énorme tell entièrement néolithique. Toutes correspondaient à des interrogations partagées par les préhistoriens travaillant dans la région, et ceux-ci ont exprimé directement leurs attentes lors de la reprise des travaux à Tell Aswad.
La recherche
La problématique qui a guidé les stratégies de fouille sur ce site s’intègre dans un questionnement global sur le Néolithique du Levant et sa gestation, que l’on appelle Néolithisation. Il s’agissait surtout de savoir quel rôle avait joué ce site dans la démarche des premiers villages d’agriculteurs éleveurs. Sa position intermédiaire entre deux zones bien connues pour cette étape de la préhistoire, et dans une zone presque vide d’informations, était déterminante.
Les outils sont ceux qui sont utilisés sur tous les sites préhistoriques fouillés de façon moderne. Une fouille en extension et, en même temps, une fouille mettant en lumière tous les niveaux du site, s’imposait. L’outil conceptuel de base a été celui de l’interdisciplinarité. Les spécialistes de diverses disciplines : archéozoologie, archéobotanique, anthropologie, technologie lithique etc... ont collaboré dès l’intervention sur le terrain et garderont une relation étroite jusqu’à la publication commune.
Campagnes. Le site a été fermé fin 2006 et l’équipe est à présent rentrée dans la phase d’exploitation du matériel et des documents archéologiques. Six campagnes de fouille annuelles de 45 à 60 jours ont été menées, de 2001 à 2006.
Le matériel archéologique est en cours d’étude par divers spécialistes, il est entreposé dans un dépôt de fouille local et au Musée de Damas (Syrie). Lorsque les études seront terminées, il sera conservé au Musée national de Damas.
La documentation, constituée de cahiers de fouille, plans et relevés stratigraphiques, dessins d’objets, photographies argentiques et numériques, est déposée à l’Antenne du Laboratoire Archéorient (UMR 5133, Maison de l’Orient) à Jalès, en Ardèche. Il en est de même de tous les échantillons exportés pour étude : restes végétaux, charbons pour datations, etc...
Sommaire
La stratigraphie
L’architecture
Les Pratiques funéraires
Le mobilier
Exploitation du milieu végétal et animal
Glossaire/Lexique
Bibliographie
Fiche d’identité
Diaporama

