
Thème de recherche : Le littoral syrien des dernières décennies du Bronze récent (XIIIème-XIIème siècles av. J.-C.) à l’époque byzantine (VIème siècle ap. J.-C.).

Le Palais Nord et le Jabal al-’Aqra
Le cap d’Ibn Hani, à la limite septentrionale de l’actuelle Lattaquié (la Laodicée de l’époque hellénistique) faisait, à l’âge du Bronze récent, partie du royaume d’Ugarit, dominé par le mont Saphon, souvent couronnée de nuages (photo), siège du dieu de l’orage Ba’al-Hadad. Il se présentait alors plutôt comme une île que comme une presqu’île. C’est cet îlot rocheux, tout proche de la côte, que choisit un roi d’Ugarit, ‘Ammishtamru II (vers 1260-1230 av. J.-C.), pour y établir un ensemble de résidences pour la cour d’Ugarit. On ignore ce qui motiva cette décision, mais le choix du site semble répondre à un objectif précis, celui de surveiller le trafic maritime le long des côtes du royaume, notamment celui qui venait de Chypre et de l’Anatolie.
Parmi les édifices de cette époque fouillés en partie ou en totalité, le Palais Sud se distingue par ses vastes dimensions et ne peut être que le palais royal. Le Palais Nord a livré deux lots importants de textes en accadien et surtout en langue et écriture ugaritiques, qui nous renseignent sur l’administration du royaume et permettent d’identifier cet édifice comme le palais de la reine Akhatmilku, mère du roi. Plus tard, divers ateliers furent installés dans le bâtiment, dont la brève existence s’achève, comme celle des grands édifices d’Ugarit (Ras Shamra), par un incendie d’une violence extrême.
Ce sont sans doute les auteurs de ces ravages, ou un groupe qui leur était apparenté (« Peuples de la Mer » des textes égyptiens), que l’on retrouve installés sur le tell pendant les siècles suivants (habitat des XIIème-Xème siècles av. J.-C. identifié ; habitat postérieur encore à découvrir).
Lors de la deuxième guerre de Syrie, qui le conduit à Antioche, le roi macédonien d’Égypte, Ptolémée III (247-221), repère le site et y fonde une ville puissamment fortifiée, pour protéger la fontière méridionale de ses nouvelles conquêtes contre la métopole séleucide voisine, Laodicée. Reprise sans doute par Antiochos III, cette cité continua à se développer au IIème s. av. J.-C.. Elle semble moins prospère au Ier siècle, mais reste néanmoins active jusqu’au début de la présence romaine.
Les fouilles n’ont guère documenté la période romaine impériale, qui devait pourtant être bien représentée dans des zones du cap aujourd’hui non accessibles à l’exploration archéologique, mais l’on connaît un quartier d’habitations assez opulent sur le sommet du tell à partir du IVème s. de notre ère et jusqu’à l’époque justinienne (VIème s.).

Localisation du site

