
La genèse de la ville islamique au Proche - Orient : le cas de Hadir Qinnasrin
Le travail de recherche archéologique à Hadir Qinnasrin s’inscrit dans un projet plus général sur la genèse de la ville islamique au Proche-Orient. Il s’agit d’étudier la formation et l’évolution de la ville de Qinnasrin, qui a été capitale de la circonscription administrative du même nom, en Syrie du Nord, du VIIème au Xème siècle. L’enjeu scientifique de ce programme est d’aborder du point de vue archéologique la question des agglomérations qui se sont développées à partir des camps militaires installés par les armées dans les provinces conquises hors de l’Arabie (amsar). Parmi ces premières villes, Qinnasrin est l’une des rares qui soient encore en partie conservées et accessibles.
Ce programme de recherches a été lancé en 1997 par une équipe sous la direction de Marianne Barrucand (Université Paris IV), qui travaillait en collaboration avec Donald Whitcomb (Institut oriental de l’université de Chicago) et Clauss-Peter Haase (musée d’Art et d’Histoire de Berlin). Le choix de cet emplacement a été décidé à la suite d’une rapide prospection, en 1997, d’après les données des textes et, surtout, la toponymie. Hadir (qui signifie en arabe « le camp ») est un village d’environ 25 000 habitants, au sud-ouest de la ville d’Alep. Il est situé à 4 km à l’est de l’agglomération d’al-‘Is, correspondant à la ville antique de Chalcis (qui n’a encore jamais fait l’objet de sondages archéologiques). La rivière Quwayq, qui va se perdre au sud dans une région marécageuse, coule entre ces deux sites.
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Depuis 2003, la mission est co-dirigée par Marie-Odile Rousset et Fedwa Abidou (Direction générale des Antiquités et des Musées de Syrie et musée d’Alep). Au terme de trois campagnes de terrain, la nature de l’occupation de ce site est maintenant plus claire : il s’agit d’un camp à l’extérieur de la ville.



