
Le massif calcaire de la Syrie du Nord

La Syrie d’Alexandre à l’avènement des Ommeyades
La Syrie, entre la mort d’Alexandre et l’avènement des Abbassides, constitue un objet cohérent d’étude car elle présente alors des traits permanents qui la différencient à la fois des époques qui ont précédé et de celles qui ont suivi.
Ces traits sont, d’abord, l’étroitesse, plus grande qu’auparavant, des liens qu’elle entretient avec le monde méditerranéen, alors que durant au moins neuf siècles, entre la fin du IIème siècle avant JC et le début du VIIème siècle après, ses relations avec les pays d’Orient d’au-delà de l’Euphrate persistent mais en étant limitées par l’existence d’une frontière à peu près stable.
Un second trait est la prédominance culturelle de l’hellénisme et la domination politique et sociale des grecs ou des orientaux hellénisés. Cette prédominance a entraîné, dans un premier temps, l’éclipse des cultures orientales et de ceux qui en étaient porteurs mais, dans un second temps, en partie sous l’influence de l’essor des religions orientales et en particulier du christianisme, celles-ci ont connu une renaissance et, dès avant la conquête arabo-islamique, dans la seconde moitié du VIème siècle, elles ont conquis de solides positions en Haute-Mésopotamie, dans les milieux monastiques et dans les campagnes.
Cette période de l’histoire de la Syrie est enfin marquée par une expansion démographique et économique de grande ampleur et de longue durée qui ne s’interrompt que dans la décennie 540-550 ap. JC. Dans ce contexte, la paysannerie conquiert des terres marginales inoccupées ou faiblement occupées auparavant, ce qui conduit au recul de la steppe tandis que les villes augmentent en nombre et s’accroissent par leurs dimensions et leurs activités.
Notre équipe n’est pas la seule, en France, à effectuer des recherches sur la Syrie à l’époque de l’hellénisme dominant ; notre propos n’est pas d’en couvrir tout le champ mais de choisir, à l’intérieur de celui-ci, des thèmes de réflexion précis, sans nous interdire de faire appel à des chercheurs appartenant à d’autres équipes et en apportant notre connaissance des campagnes et des relations villes-campagnes acquise à travers nos recherches archéologiques dans le massif calcaire de la Syrie du Nord.

