France-Diplomatie
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Les Carnets d’archéologie
fleche

Syrie - La Badiya pointillés

Mission de prospection géoarchéologique en Syrie

Occupation du sol et peuplement
Évolution des paysages, anthropisation
Systèmes de subsistance et de production

L’exemple de la Badiya syrienne du néolithique à nos jours

Résumé : Le programme « Marges arides de la Syrie du Nord » vise à comprendre les relations hommes - milieu dans une région, située au sud-est d’Alep, où la sécheresse représente une contrainte forte. Diverses approches ont été développées : analyse du milieu, prospection archéologique, étude ethnoarchéologique, relevé des sites, reconstitution des paléoenvironnements, confrontation de situations actuelles et passées. La prospection (1995 - 2002) a concerné près de 7000 km2 sur les quelques 10000 km2 prévus à l’origine. Le nombre élevé de sites (près de 1000), la répétitivité des types de situations, l’analyse des milieux, permettent d’aborder les problèmes d’occupation du sol et de mise en valeur, tant dans l’espace que dans le temps.

Entre le Croissant fertile, peuplé précocement par des populations sédentaires, et le désert arabique, domaine des pasteurs nomades, s’étend une zone de steppe (voir carte) où ont alterné depuis une dizaine de millénaires, en fonction des changements climatiques ou des vicissitudes historiques, occupation sédentaire, semi-sédentaire et nomadisme. Dans ce milieu fragile, des vestiges archéologiques témoignent de périodes de peuplement dense, dû à l’expansion des modes de vie sédentaires alors qu’à d’autres époques correspondent des phases de recul qui ont pu aller jusqu’à un retour total à la vie nomade. À l’issue d’une de ces phases de recul, qui a concerné les derniers siècles, cette région est à nouveau exploitée depuis le milieu du XIXe siècle et, surtout, depuis quelques dizaines d’années à cause de la croissance démographique et de la généralisation de la motorisation. Cette « surexploitation » d’une région fragile s’accompagne de la dégradation du couvert végétal, de l’érosion des sols, de l’abaissement des nappes phréatiques.

À ce constat, engendré par des mécanismes actuellement en jeu dans la région, correspondent, plus ou moins, des situations qui se sont déjà produites dans le passé. Situations actuelles et passées ne sont pas fondamentalement différentes : les unes servent à la compréhension des autres, avec pour but de déterminer la part respective des facteurs physiques (modifications climatiques, fragilité intrinsèque des milieux steppiques) et des facteurs humains dans l’alternance de périodes de prospérité et de déclin.

L’étude concerne une région située au sud-est d’Alep (Syrie). Elle est pluridisciplinaire, diachronique, et se réfère à l’état et à la mise en valeur actuels du milieu naturel, ainsi qu’aux traces laissées par son exploitation dans le passé. Les thèmes de recherche concernent les relations hommes - milieu, les oscillations climatiques et les changements dans les modes d’occupation du sol, les problèmes de désertification sur les marges arides du Croissant fertile, du Néolithique à nos jours.

Illust:

Carte du site, 11.5 ko, 245x135

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