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Les Carnets d’archéologie
fleche

Tunisie - Sidi Jdidi pointillés

Introduction

Sidi Jdidi, l’ancienne cité de ARADI

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Photo 1, 3.5 ko, 64x92

Depuis 1991, ce site de l’arrière-pays de la ville de Hammamet fait l’objet d’une mission archéologique annuelle financée conjointement par le Ministère des Affaires Étrangères et l’École Française de Rome. La perspective consiste en l’étude de trois basiliques chrétiennes d’époque vandale et byzantine (Vème-VIIème siècle) et de leur environnement urbain. L’une d’elle, au sud de la cité, est une simple basilique votive, tandis que les deux autres, au nord de la petite agglomération, avec chacune une cuve baptismale placée dans leur sacristie orientale, font partie du groupe épiscopal originel composé selon le principe des « cathédrales doubles ». Ce travail est mené en commun avec l’Institut National du Patrimoine de Tunisie.

Présentation

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Vue d’ensemble, 13.4 ko, 250x125
Vue d’ensemble du sanctuaire du culte impérial


La proposition d’identification de la cité antique repose sur une documentation épigraphique retrouvée naguère à l’occasion de fouilles réalisées pour signaler la présence du site archéologique menacé par différents travaux édilitaires. Ces fouilles avaient révélé quelques monuments dont des vestiges d’élévations attiraient l’attention ; il s’agissait d’abord d’une basilique chrétienne au sud de la petite agglomération et d’une autre, au nord, qui était l’une des églises du groupe épiscopal ; en position médiane par rapport à la topographie urbaine, avait été mis au jour un sanctuaire du culte impérial ainsi qu’une grande salle de plan basilical, identifiée depuis comme lieu de réunion d’association. Le projet scientifique était donc d’exploiter ces résultats anciens, notamment ceux concernant les lieux de culte chrétien et d’étendre la fouille afin de permettre l’étude de chacune des églises et de leur contexte archéologique. C’était ainsi l’occasion de décrire, par l’étude topographique et monumentale, le processus de christianisation d’une cité antique, de suivre le devenir de ces monuments à l’époque du royaume vandale et de la persécution arienne, puis d’étudier les conséquences de la reconquête byzantine et, enfin, d’illustrer l’éventuel impact de la conquête arabe sur l’un de ces petits organismes urbains, ancien chef-lieu de cité et de diocèse, si caractéristique de l’une des formes de l’occupation du sol en Afrique. De cette cité, on connaissait deux évêques : l’un Fortunatianus, exilé en Corse par le roi vandale Huniric en 484 à l’époque d’un paroxysme de la persécution arienne ; l’autre, Aemilianus assista au Concile de Carthage de 525. L’absence de mention antérieure, notamment à l’occasion de la Conférence de 411 sur le donatisme, à Carthage, pourrait constituer un indice en faveur d’une apparition relativement tardive de la hiérarchie ecclésiastique dans cette petite cité. En revanche, la découverte, en réemploi dans une tombe de la basilique sud, d’une inscription datable des années 401-408, illustre bien la vigueur des institutions municipales ainsi que l’intérêt porté, encore à cette époque, à la parure monumentale profane. La construction des églises, sans doute de manière très peu antérieure pour le groupe épiscopal et un peu plus récente pour la basilique sud, illustre à nouveau le thème de l’embellissement des cités à l’époque « tardive », cette fois dans un registre religieux et chrétien. L’agglomération, d’origine punique, a pour assiette une sorte de conque comprise entre deux barres rocheuses ; elle domine le passage que l’oued s’est aménagé dans ce relief, près duquel le village moderne s’est installé reprenant la partie basse du site antique. La situation de ces églises, qui dominent chacune une part du finage de plaine, vers l’amont pour celles qui composent le groupe épiscopal, vers l’aval pour l’église méridionale, apparaît aussi comme une empreinte imposée au territoire.

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