
Aujourd’hui, l’adjectif « ibérique » est communément utilisé pour désigner les terres situées au sud des Pyrénées. Dans l’antiquité le mot « ibère » a eu le même sens après avoir été utilisé pour désigner les populations qui habitaient les régions de la côte méditerranéenne.
Le nom même, grécisé, dérive probablement d’un mot indigène, iber, qui désigne un fleuve, ou tout fleuve : l’Ebre, l’un des trois grands fleuves de la Péninsule lui doit son nom. Les Grecs au VIème siècle désignent en effet par Iberoi (« Ibères ») les habitants d’une tribu de la côte méridionale ou occidentale de la péninsule Ibérique dont la localisation restait imprécise. Selon une autre tradition, les Ibères auraient constitué une nation réunissant plusieurs tribus. L’idée d’une population éclatée reste essentielle et le changement décisif intervient à l’époque hellénistique quand le terme Ibérie perd son sens ethnique pour prendre un sens géographique et englober l’ensemble de la Péninsule ; le mot est alors synonyme d’Hispanie.
La définition des Ibères est alors le fruit patient d’un travail d’érudition long d’un siècle qui prend en compte les données des textes et une lecture des découvertes archéologiques. Le monde ibérique, entre le VIème siècle et le IIème siècle, est une aire culturelle dont les caractères essentiels sont les suivants :
une population pré-indoeuropéenne, culturellement très diverse, qui, entre Andalousie et Languedoc, a été en contact avec les marchands phéniciens à partir du VIIIème siècle et avec les Grecs à partir du VIème siècle.
la langue utilisée n’est pas indo-européenne et l’écriture semi-syllabique est dérivée en partie des alphabets phénicien et grec
l’habitat est organisé en agglomérations fortifiées, le plus souvent de petite taille (de quelques centaines de m2 à quelques hectares) et installées sur des sites de hauteur.
le sacré est manifesté de manière éclatante par des œuvres sculptées en pierre ou en bronze que l’on trouve dans les monuments funéraires ou dans les sanctuaires.
le style ibère se reconnaît à la forte géométrisation des formes, à la finesse des traits incisés dans la sculpture tant pour dégager les volumes que pour reproduire les détails.

