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Europe-Maghreb

Présentation de la fouille

Fouilles franco-bulgares de la nécropole grecque de Kalfata, occupée du milieu du Ve siècle au IIIe siècle av. J.-C.

Responsables, côté français Antoine Hermary, professeur d’archéologie grecque à l’Université d’Aix-Marseille I (Centre Camille Jullian), côté bulgare Kristina Panayotova, chercheur à l’Institut archéologique de Sofia.

Institutions partenaires. En France, Ministère des Affaires Étrangères et CNRS : Centre Camille Jullian (UMR 6573), Direction des Relations Internationales, Groupement de Recherche Européen sur la Mer Noire antique. En Bulgarie, Académie des Sciences.

Apollonia du Pont (à ne pas confondre avec les nombreuses autres cités grecques du même nom) a été fondée par des Grecs venus de Milet, sur la côte d’Asie Mineure, vers 610 av. J.-C. Elle a reçu le nom d’Apollon, le dieu le plus important de la métropole et, par suite de sa colonie. Cette ville portuaire, la première que l’on rencontrait en venant des détroits, constituait une étape majeure pour la navigation en Mer Noire.

Les textes littéraires antiques ne donnent que peu d’informations sur l’histoire d’Apollonia. La recherche archéologique, commencée à l’initiative du consul français Degrand au début du XXe siècle, se heurte, pour connaître l’espace urbain antique (habitat, sanctuaires, édifices publics), à la présence au même endroit de la ville moderne de Sozopol. La grande nécropole de Kalfata qui s’allonge sur plusieurs kilomètres au sud de la ville, le long de la mer, constitue donc un témoignage essentiel pour comprendre l’histoire, le mode de vie, les croyances et l’activité économique de cette colonie grecque antique.

En partie pillée à la fin du XIXe siècle, cette nécropole a été une première fois explorée scientifiquement par l’Institut archéologique bulgare entre 1946 et 1949 : les centaines de tombes découvertes alors ont été publiées en 1963 sous la direction d’I. Venedikov. Le même Institut a repris les fouilles en 1992, et elles se poursuivent depuis sans interruption, sous la direction de K. Panayotova et D. Nedev (directeur du musée de Sozopol). À partir de 2002, la mission française du Centre Camille Jullian (CNRS - Université de Provence), dirigée par A. Hermary, a collaboré à cette recherche. Trois campagnes de fouilles ont eu lieu en commun (2002-2004), elles ont permis la mise au jour, dans un secteur topographiquement bien défini par un ensemble de murs, d’une soixantaine de tombes et de plusieurs dizaines de dépôts et de foyers rituels. Parallèlement, deux campagnes d’études géomorphologiques (2005-2006) vont permettre d’établir plus précisément l’aspect topographique de la ville et de son environnement à l’époque grecque. La publication de ces recherches est en préparation, elle associe aux deux responsables de nombreux doctorants de l’Université de Provence/Centre Camille Jullian et de jeunes chercheurs bulgares.

La mission d’Apollonia du Pont a reçu en 2004 le 1er prix Clio pour la recherche archéologique française à l’étranger.

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