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Les Carnets d’archéologie
fleche

Bulgarie - Apollonia du Pont pointillés

Nécropole d’Apollonia du Pont, problématiques de la recherche

Illust:

Apollonia-Sozopol (...), 75.1 ko, 400x325
Apollonia-Sozopol et la nécropole de Kalfata

L’archéologie funéraire, longtemps considérée comme une source d’approvisionnement en beaux objets, a fortement évolué au cours des dernières décennies.

La mise en place d’équipes pluridisciplinaires et, en particulier, la collaboration des anthropologues - spécialistes de l’étude des restes humains - ont permis d’élargir le champ des recherches dans différentes directions :

- Diagnostics sur le sexe des défunts, leur âge, les pathologies dont ils pouvaient souffrir, leur régime alimentaire.
- Modes de traitement du corps après le décès : dans le cas de la crémation, durée et température d’exposition sur le bûcher, puis rituel du dépôt des restes dans l’urne cinéraire ; pour l’inhumation, position du squelette dans la tombe et présence ou non d’un linceul dans lequel le corps était enveloppé.
- Après l’enterrement, modalité de décomposition du corps en espace totalement colmaté ou partiellement ouvert. Conclusions que certaines déconnections des os permettent de tirer sur la présence d’un brancard ou d’un lit en bois sous le corps, ou d’offrandes organiques pesantes déposées au niveau des articulations.

D’autres collaborations sont importantes : archéozoologues pour l’identification des restes de faune associés aux tombes, dépôts ou foyers, anthracologues pour déterminer les essences de bois utilisées dans les bûchers ou les foyers.

La mission franco-bulgare d’Apollonia a mis en place ces études pluridisciplinaires, parallèlement aux recherches strictement archéologiques, qui trouvent parfois dans le milieu colonial des applications particulières :

- Types de sépultures. La crémation reste très minoritaire à Apollonia : de 10 à 15% de l’ensemble des tombes répertoriées depuis 1992. Le défunt est rarement brûlé sur place, ses restes sont le plus souvent rassemblés dans un vase en argile, de production locale ou importé d’Athènes. L’inhumation se pratique couramment dans une fosse creusée en pleine terre, parfois dotée d’un coffrage et d’une couverture en tuiles ; dans d’autres cas, le corps est déposé à l’intérieur d’une ciste composée de plaques de pierre assemblées (« tombe à ciste »).
- Regroupement des sépultures. Les regroupements familiaux, ou sens plus ou moins large, constituent une caractéristique traditionnelle des nécropoles grecques. Ici, de grands ensembles sont déterminés par des murs rectilignes ou en fer à cheval, à l’intérieur desquels on constate la formation de plus petits regroupements, dans un plan horizontal mais aussi dans les tertres (« tumuli ») qui se forment peu à peu. Certains de ces groupes familiaux se mettent en place à l’intérieur de petits enclos rectangulaires.
- Personnalité des défunts. La présence de stèles en pierre portant le nom du défunt est relativement rare, mais les noms attestés jusqu’à maintenant sont dans leur très grande majorité des noms grecs. La population thrace qui vivait aux alentours est peu représentée par ce type de source, ou par un rituel funéraire étranger au monde grec.
- Nature des pratiques funéraires. Le dépôt d’offrandes non brûlées à l’extérieur des tombes et l’existence de foyers dans lesquels d’autres offrandes étaient brûlées sont normaux dans le monde grec, mais la disposition de ces offrandes et, parfois, la nature des objets peuvent refléter des pratiques spécifiques à la colonie, en rapport ou non avec des traditions culturelles thraces.
- Productions locales et importations. Les vases en argile fabriqués localement sont majoritaires parmi les offrandes déposées dans la nécropole : les fouilles d’Apollonia permettent de renouveler l’étude de ce type de production. Parmi les importations, il faut distinguer les amphores commerciales, surtout présentes dans les dépôts non brûlés, dont l’origine - surtout Thasos au nord de la mer Égée et Héraclée sur la côte méridionale de la Mer Noire - donne d’importantes indications sur les réseaux d’échanges entretenus par Apollonia. La céramique fine importée - à vernis noir ou décorée - provient d’Athènes : certains vases de la nécropole portent un décor à figures rouges d’une remarquable qualité. Il est cependant probable que certains de ces vases sont plutôt des imitations produites soit à Apollonia même, sans en Grèce du Nord, soit dans d’autres cités coloniales. Nos fouilles apporteront leur contribution à cette question, comme au problème du choix des scènes figurées pour les vases attiques exportés vers Apollonia.

Pour résumer l’ensemble de ces problématiques, voici le plan de la publication qui devrait être achevée fin 2007 ou début 2008.

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