France-Diplomatie
retour home
Les Carnets d’archéologie
fleche

Thaïlande - Patani pointillés

Les complexes archéologiques

Patani L’émergence d’un sultanat malais en Thaïlande du sud

Le milieu du second millénaire est marqué dans le monde malais par l’apparition de cités portuaires et marchandes basées sur un nouveau système politique : le sultanat. Celle-ci s’opère dans un contexte d’intensification du grand commerce de la Méditerranée jusqu’à la Mer de Chine et de développement de l’islam dans la région. Patani, en Thailande du sud, figure parmi ces foyers d’une nouvelle civilisation.

Illust:

fig01, 4.2 ko, 184x197

Le complexe de Kru Se ou Kerisik

Pattani est un port situé sur la côte est de la province du même nom en Thaïlande du sud. Sur le plan démographique, cette province est aujourd’hui encore à forte dominante malaise. L’histoire de Pattani s’inscrit dans l’histoire des grandes routes maritimes commerciales d’Asie du Sud-Est qui vont connaître un grand développement à partir du 15ème siècle, développement qui va notamment se traduire en péninsule malaise par l’apparition de plusieurs états portuaires tournés vers le commerce international dont Patani (le nom du sultanat ne comporte qu’un seul « t »). Patani deviendra un important sultana qui va connaître son apogée entre la fin des années 1580 et les années 1620. Si des vestiges de la capitale sont encore visibles à Kru Se ; sur la côte à proximité de la ville actuelle de Pattani sous la forme de douves,de témoins de l’activité matérielle et de sépultures, les débuts de l’histoire de ce sultanat sont très mal connus.

Le complexe de Yarang

À une quinzaine de kilomètres au sud de Pattani, près du village de Yarang, le département des Beaux-Arts de Thaïlande a recensé 33 vestiges de sanctuaires hindo-bouddhiques sur une superficie de près de 8 km2. Il s’agit en réalité de la plus importante concentration de vestiges indianisés en péninsule malaise. Quatre structures ont pour l’instant fait l’objet de dégagements au moins partiels. Ce complexe comprend également de nombreux cours d’eau et canaux plus ou moins en eau selon les saisons.

Un certain nombre de chercheurs s’accordent à penser que ce complexe n’est autre que la cité-état de Langkasuka qui envoie notamment plusieurs missions diplomatiques en Chine au VIème siècle E.C. Le nom de Langkasuka apparaît encore en Inde dans une inscription du XIème siècle ainsi qu’au milieu du XIVème siècle dans un texte javanais, le Nagarakertagama. Aujourd’hui, les datations proposées pour les sites dégagés s’échelonnent entre le VIème siècle et le IXème siècle E.C.

Version imprimableVersion imprimable