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Les Carnets d’archéologie
fleche

Fidji - Cikobia pointillés

Introduction


Cikobia et Naqelevu

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Carte du Pacifique, 10.4 ko, 223x108
Carte du Pacifique

Cikobia et Naqelelevu sont localisées au centre du Pacifique Sud. Ces deux petites îles sont parmi les plus orientales de la zone géographique appelée Mélanésie et elles se trouvent dans le nord-est de l’archipel fidjien. Elles sont aux portes de la Polynésie Occidentale tournées vers Futuna, Wallis (Uvéa) et Samoa.

À la jonction entre les cultures mélanésienne et polynésienne, elles ont reçu conjointement leurs influences dont quelques traces persistent toujours dans les mémoires de leurs habitants. Leurs traditions orales qui relient leur premier peuplement aux grandes terres fidjiennes de Vitilevu et Vanualevu, font aussi référence aux îles polynésiennes de Futuna et de Tonga. Toutes ces îles dont les cultures sont aujourd’hui différentes, ont pourtant une histoire ancienne commune.

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Archipel Fidji, 7.7 ko, 130x144
Archipel Fidji


Elles participent du même mouvement de population initial. Les archéologues l’identifient par ses vestiges matériels : poterie, herminette, éclats lithiques, parures en coquillages, qu’ils réunissent sous l’appellation « ensemble culturel Lapita ».Connu depuis l’archipel des Bismarck, à l’ouest, jusqu’aux Samoa à l’est, ce mouvement s’est produit entre 1200 et 850 ans avant JC. Cikobia et Naqelelevu, presque oubliées aujourd’hui, ont été durant la préhistoire un carrefour entre Fidji et la Polynésie occidentale. En atteste la présence de nombreuses fortifications et d’herminettes importées de Samoa à Cikobia et l’existence à Naqelelevu de structures funéraires similaires à celles de Futuna.

Les îles et les sites archéologiques

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Carte de Cikobia, 3.5 ko, 130x65
Carte de Cikobia


Île la plus au nord de l’archipel fidjien, Cikobia présente une superficie d’environ 15 km2. Cette étroite bande calcaire de 10 km de longueur et 2 km de largeur est parcourue, d’un réseau de failles d’où émergent, au nord-est, des tufs basiques. Sa côte nord-ouest se caractérise par de hautes falaises surplombant de 20 à 40 m l’Océan Pacifique. Trois sommets, de plus de 100 m d’altitude, bordent la côte nord : le pic Caukaci à l’ouest, les monts Korotuku et Namasi à l’est. Son extrémité est, basse et sableuse, est partiellement protégée par un récif formant un petit lagon. On y trouve la zone marécageuse de Lobau et quelques puits et sources constituant les uniques réserves en eau douce de l’île. Les sécheresses y sont fréquentes, nous en avons eu la preuve lors de la mission de terrain de 1998. Des sources écrites, comme le journal du Révérend Thomas Williams (1840-1853), en mentionnent aussi l’existence durant le XIXème siècle. La population a sans doute dû surmonter de semblables crises durant la préhistoire. Dans cette région orientale sont implantés quatre villages, jumelés deux à deux, comme l’usage en est fréquent aux Fidji. Y vit actuellement une petite communauté ne dépassant pas 200 personnes ; ce nombre n’a guère changé depuis 1881, date du premier recensement officiel aux Fidji. Depuis la fin du XIXème siècle, la plupart des habitants de Cikobia sont méthodistes comme un grand nombre de Fidjiens. Des Tongiens dont l’embarcation y avait dérivé vers 1840, leur en enseignèrent les premiers rudiments. La langue austronésienne parlée à Cikobia se rattache au groupe de celles en usage dans l’Est fidjien. Mais d’après Paul Geraghty, directeur du « Institute of Fijian Language and Culture », elle présente aussi des particularités qui pourraient être d’origine futunienne.

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Carte de Naqelelevu, 4.3 ko, 150x83
Carte de Naqelelevu

Naqelelevu, quant à elle, se trouve à environ 115 km au sud-est de Cikobia. D’environ 2 km de long sur 1 km de large et d’une hauteur variant de 5 à 18 m, cette île est bordée d’une barrière de corail déterminant un vaste lagon à l’ouest. Une dune où est implanté l’actuel village de Nalutu, occupe sa partie ouest alors que tout l’intérieur est constitué de corail. Aujourd’hui Naqelelevu est quasi-abandonnée. Une grande part de sa population qui est catholique, a migré vers Taveuni en raison du manque d’eau douce. Sa langue est très proche de celle de Cikobia.

Plus de 120 sites archéologiques ont été identifiés sur ces deux îles au cours des différentes campagnes de terrain. Les cartes de Cikobia et Naqelelevu indiquent l’emplacement des plus importants. De nature très diverse, ces sites correspondent à toutes les activités d’une communauté humaine : habitats, points d’eau, abris-sous-roche, structures horticoles, ensembles de parcellaires, fortifications et murs, sépultures, sites liés à des traditions orales dont nous allons présenter quelques exemples.

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