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Les Carnets d’archéologie

Vers une histoire préhispanique du Barajas

Si les premières traces d’occupation connues dans le Bajío remontent aux alentours de 600 avant notre ère avec les premiers villages de la culture Chupicuaro (Préclassique), il faut attendre le Vème siècle après JC. pour que débute le peuplement du massif. Ces premières occupations correspondent à la phase Nogales qui est datée entre 400 et 600/650 ap. JC. Si l’on en croit le petit nombre de sites datés de cette phase, les habitants de cette époque étaient peu nombreux. Il est vraisemblable qu’ils aient colonisé le massif à partir de la plaine alluviale localisée en contrebas et dans laquelle des installations plus anciennes ont été identifiées. Si la nature de cette occupation est assez mal définie, on notera qu’un des groupes monumentaux les plus importants du site de Nogales était alors déjà occupé.

La plupart des vestiges qui couvrent le massif sont rattachés à la phase Barajas que l’on situe entre 650 et 950 apr. JC. Quoiqu’une partie des habitants de cette période soient sans doute issus de la croissance naturelle de la population locale, l’ampleur de l’occupation et l’apparente rapidité de l’accroissement démographique permettent d’envisager un apport extérieur. C’est à cette époque qu’est établie la grande majorité des sites et des grands ensembles monumentaux. La phase Barajas voit un développement spectaculaire de l’architecture en pierre sèche. Les dalles d’andésite, dont les affleurements abondent sur le massif volcanique, sont exploitées intensivement pour la construction des maisons simples comme pour l’édification d’ensembles monumentaux à vocation politique et religieuse.

L’occupation Barajas ne dure probablement pas beaucoup plus de trois siècles car vers 950-1000 les sites sont largement désertés. Les données dont nous disposons indiquent qu’il s’agit d’un abandon rapide mais planifié. C’est ce que suggèrent les procédures de condamnation dont ont fait l’objet de nombreux bâtiments dont tous les accès ont été systématiquement murés. Les causes de cet abandon sont encore mystérieuses. Si des causes environnementales (sècheresse) ont pu être déterminantes, des raisons d’ordre politique sont tout aussi plausibles. Le caractère défensif observé sur plusieurs sites évoque l’existence de tensions politiques.

L’abandon du Barajas précède donc de plusieurs siècles l’arrivée des Espagnols. On sait toutefois que certains sites ont été visités sporadiquement vers la fin du Postclassique. C’est ainsi qu’un camp de chasseurs a été localisé à proximité d’une des sources du site de Nogales.

 

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