Dans la péninsule du Yucatán est apparue l’ancienne civilisation maya des basses terres il y a près de trois millénaires. Elle a atteint son apogée vers 700-800 ap. JC Puis vers 800-900, la partie sud, c’est-à-dire le Petén, a été largement dépeuplée (lors de la fameuse « disparition » des cités mayas) et la forêt tropicale l’a recouverte jusqu’au milieu du XXème siècle. À ce moment la colonisation de la forêt a été entreprise. Elle s’est accélérée dans les dernières années, en particulier dans le secteur nord-ouest du Petén, qui est celui de La Joyanca.
Ce site archéologique, découvert en 1994, constitue maintenant une enclave forestière protégée, d’une superficie d’environ 2,5 km2, qui a échappé aux grands incendies forestiers de 1998. Le nord-ouest du Petén est caractérisé par un réseau fluvial serré, de grands marais et de nombreux lacs. Cet environnement difficile explique que la région n’ait jamais fait l’objet de travaux archéologiques. La Joyanca représente la première opportunité de développer des recherches sur les sociétés mayas classiques du Petén nord-ouest.

Fleuves, lacs et marais
Présentation générale du site archéologique

L’oléoduc
Xan-La Libertad
Le site archéologique de La Joyanca est le témoin d’une cité maya de rang supérieur, occupée principalement durant la période classique (250-850 ap. JC). Le site a été découvert en 1994 au cours des prospections réalisées pour la construction de l’
oléoduc Xan-La Libertad. La compagnie Basic Resources International (Bahamas) Ltd, qui exploite le gisement de Xan au nord-ouest du Petén, assure la protection de la zone archéologique circonscrite par l’Institut d’Anthropologie et d’Histoire du Guatémala. À l’initiative de la compagnie, un projet de recherche archéologique et géographique a été formulé en 1997 : le projet Petén Nord-Ouest - La Joyanca. Les recherches ont débuté sur le terrain en janvier 1999.

Plateau calcaire
Placé sur un
plateau calcaire dominant marais et lacs, d’une surface d’au moins 160 hectares, le site se compose de deux groupes monumentaux au centre et de zones résidentielles environnantes.

Monticules de terre
Les édifices ruinés se présentent sous la forme de
monticules de terre parsemés de pierres hauts de 10 à 12 m pour les plus grands.
Deux communautés de colons se sont formées depuis 1995 sur le même plateau et à proximité.

Village en construction
dans la forêt
Agriculteurs en majorité mayas-q’eq’chi provenant des hautes terres tempérées, ils pratiquent une agriculture de subsistance sommaire sur brûlis. L’existence d’une zone archéologique protégée leur soustrait des terres cultivables, mais le projet de recherche est presque la seule source locale d’emploi et ouvre peut-être des perspectives d’éco-tourisme.
La forêt tropicale de mousson, à saison sèche fortement marquée, constitue la principale étendue forestière de l’Amérique Centrale, au Petén (Guatemala), au Belize, au Campeche, au Quintana Roo et au Chiapas oriental (Mexique).

Forêt tropicale
de mousson
D’importantes réserves de Biosphère y ont été définies récemment dans le cadre du Programme « L’Homme et la Biosphère » de l’UNESCO, dont le but est ici de promouvoir l’héritage maya de la région et la gestion durable de ses ressources renouvelables.
Le site archéologique de La Joyanca se trouve en bordure de la Réserve de la Biosphère Maya, dans la zone dite « d’amortissement ».