France-Diplomatie
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Les Carnets d’archéologie

Les stèles du Sidamo

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fig m, 16.4 ko, 163x110

Le père Azaïs estimait qu’il pouvait y avoir eu au moins 10 000 stèles dressées, par groupes plus ou moins importants, dans le Sidamo, région située à l’est du lac Abaya. Nous ne serions pas loin de le croire. Malheureusement de nos jours beaucoup ont été détruites pour empierrer des chemins, entourer la base des maisons ou aménager la dalle de seuil, voire pour servir de mortier dans l’évidement pratiqué au niveau d’une section de la stèle.

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fig n, 4.3 ko, 75x110

Quelques prospections effectuées vers le sud et vers le nord de Tuto Fela ont montré qu’il y avait beaucoup plus de différences entre les stèles qu’il y paraissait dans les travaux de nos prédécesseurs.

De grosses stèles phalliques cylindriques dont certaines atteignent 7 à 8 m de longueur occupent plutôt le secteur nord. C’est là où Azaïs pratiqua une petite fouille. Il ne trouva pas grand’chose en dehors de tessons de poteries et des obsidiennes ainsi qu’une hache polie. Deux fragments de haches polies ont également été découverts dans le tumulus de Tuto Fela, mais nous ne pouvons les situer dans le temps pas plus que l’industrie microlithique en obsidienne dont les éléments ont pu être rapportés là.

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fig p, 4.3 ko, 75x110

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fig s, 5 ko, 76x110

Au centre de la région, les stèles phalliques sont aussi très nombreuses mais présentent fréquemment une section plus quadrangulaire comme à Tutiti où plus de 700 stèles ont été dénombrées sur la montagne. Ces stèles sont parfois décorées vers le bas d’une cupule d’où partent des rayons incisés, symbole que l’on retrouvera sur toute l’aire mégalithique plus ou moins interprété et qui prouve des relations entre tous ces groupes dans l’espace et dans le temps.

C’est également au centre du Sidamo que se trouvent les stèles anthropomorphes surmontant un tumulus. Nous avons vu par le site de Tuto Fela qu’elles appartiennent à un groupe différent et à une période plus tardive que les stèles phalliques. Le lien n’est cependant pas rompu entre les deux groupes successifs puisqu’il y a réutilisation des anciennes stèles sans faire disparaître leur caractère phallique et que les croisillons sur les nouvelles stèles ont un rapport avec le décor rayonnant des stèles phalliques. Le territoire des stèles anthropomorphes est aussi beaucoup plus réduit que celui des stèles phalliques.

Plus au sud existent encore des stèles phalliques mais qui présentent la particularité d’une partie supérieure aménagée de manière très spécifique. Elles correspondent probablement ici encore à un autre territoire.

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